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Cela fait plusieurs années que je suis Christel et ses aventures autour de Mum-to-be Party.

Nous avions pris contact plusieurs fois sans trouver le temps d’échanger plus longuement. Le destin a bien fait les choses : c’est juste avant son déménagement dans le bassin lémanique que nous nous sommes rencontrées.

Entrepreneur aguerrie et engagée dans la cause des femmes, son aventure Mum-to-be Party a démarré il y a dix ans dans son quartier d’adoption, Montmartre. Il y a en Christel ce goût unique pour l’autre et cette forte envie de fédérer qui lui a permis de faire de Mum-to-be Party une plateforme de référence pour futures et jeunes mamans. 

Infatigable et d’une tenacité sans failles, elle a mené seule sa petite barque, navigant entre succès, fiertés et déconvenues constructives. En toute simplicité, nous avons échangé autour de son expérience entrepreneuriale, la naissance de Mum-to-be Party, l’évolution du domaine de la petite enfance mais aussi sa vision et sa façon de consommer la mode.

Un partage inspirant sans tabou à l’image de son énergie positive et solaire qui nous fait du bien.

femmes qui présentent livre allaitement

©Candice Hénin

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Je suis Christel, d’origine franco suisse, je suis née dans la région du bassin lémanique. Cette région m’est très chère puisque j’en garde plein de bons souvenirs de mon enfance où je pratiquais beaucoup d’activités différentes. L’univers du spectacle et du show a rythmé ma jeunesse : j’ai pratiqué le piano, le théâtre, la danse ou encore le chant, très libérateur pour moi. Je suis également la fondatrice de Mum-to-be Party et maman de deux enfants. 

 

  • Parle-nous un peu de ton parcours et de tes débuts dans l’entreprenariat ? 

Par ma créativité et mon sens du contact, j’ai débuté très naturellement une carrière dans le marketing chez Nestlé. Cela a été une excellente école pour mon métier :  j’y suis restée pendant 6 ans où je me suis éclatée et noué des relations fortes. 

J’ai toujours eu une fibre entrepreneuriale mais j’aimais mon confort de salariée et je n’avais jamais réellement envisagé de créer ma propre boîte. Mon conjoint a ensuite eu une opportunité à New York : cela tombait à pic puisque je me posais beaucoup de questions et j’avais envie de changer d’air. Je l’ai donc suivie avec quelques mois devant moi pour réfléchir. C’est à ce moment-là que je me suis intéressée au social media et au RP digital. Dans le cadre de mes cours du soir, j’ai créé mon blog : j’ai réalisé que ce support me correspondait vraiment sans m’imaginer la suite. Pour moi, il était clair que j’allais rentrer en France et réintégrer une entreprise comme Nestlé.

Le retour à Paris a été brutal et plein de déception : je suis passée de l’euphorie de New York où tout est possible à la France où pour tout doit être cadré et écrit sur ton CV. J’ai continué à écrire sur mon blog qui a été mon échappatoire. Les blogs ont commencé à émerger : j’ai été contacté par des marques pour parler de lancement de produits mais rien ne débouchait sur un job dans le domaine de la beauté, ma passion. 

J’ai fini par me lancer dans l’aventure de la création d’entreprise. Comme on ne m’ouvrait pas de portes, je me suis créé mon job sur-mesure ! J’ai rapidement trouvé un premier partenaire, une agence événementielle que j’ai aidé à se développer en Suisse, et petit à petit les choses se sont enchaînées. 

 

  • Peux-tu nous raconter comment est venue l’idée du concept Mum-to-be Party ?

En plein lancement dans mon activité indépendante, je tombe enceinte. 

Je remarque que peu de blogs et de magazines parlent de maternité, ou alors ce n’étaient pas des médias attractifs pour une jeune future maman. 

Cela me paraissait assez fou : nous les français, champions de la natalité, nous n’avons aucun accompagnement réel pour la femme autour de la maternité ! J’ai commencé à aborder le sujet sur mon blog mais j’ai eu envie d’aller plus loin. J’avais d’autres copines enceintes autour de moi et je me suis dit : pourquoi ne pas mettre à profit ma communauté et étendre mon concept de rencontres aux futures mamans ? 

C’est comme ça qu’est né Mum-to-be Party. Tout est venu des constats que j’ai fait et de manques que j’ai ressenti à titre personnel. La première édition de Mum-to-be Party a donc eu lieu en novembre 2010 dans mon appartement à Montmartre avec des copines enceintes, des blogueuses et des lectrices du blog. J’ai trouvé des partenaires comme Emoi Emoi, Nestlé ou encore un praticien en haptonomie, ce qui était très précurseur en 2010 !

En donnant naissance, je me rends compte du chantier à venir ! (rires). J’ai réalisé qu’il fallait que j’étende mon concept aux jeunes mamans. Quelques mois après, j’ai donc lancé le After Mum-to-be Party, concept de rencontre pour jeunes mamans. J’ai ensuite développé de plus en plus de contacts dans le milieu de la beauté et du bien-être qui ont commencé à me suivre dans cette aventure. 

Mum-to-be Party, c’est donc à la base des rencontres et des événements autour de la maternité. Le site est venu se greffer par la suite et aborder le sujet plus spécifiquement. 

Je suis quelqu’un très observateur et j’ai cette capacité à sentir les tendances : cela m’a permis de créer le concept au bon moment. Être chef d’entreprise d’une petite structure permet aussi plus de tests et de réactivité. Bien sûr, il y a eu des échecs mais au final j’ai réussi à construire quelque chose de chouette !

 

  • Quel conseil aurais-tu aimé recevoir en te lançant dans l’entrepreneuriat ? 

Mon constat aujourd’hui est que peu de femmes font appel à de l’aide pour se lancer. J’aurais beaucoup aimé avoir le courage d’aller voir un incubateur ou de solliciter du mentoring. 

Au final, j’ai tout fait toute seule de A à Z avec comme objectif premier d’avoir un business rentable et qualitatif. Je n’ai pas cherché à avoir une vision de type multinationale ou à m’associer avec quelqu’un qui m’aurait insuffler ce rythme. Avec le recul, j’ose et je me sens beaucoup plus légitime. Mon conseil ? C’est de croire en soi, d’envisager que notre projet puisse être quelque chose de grand et de trouver un berceau pour le développer. Aujourd’hui, le système d’accompagnement de start up s’est beaucoup développé et il faut en profiter. Il faut oser : il n’y a pas de mauvais projet, il ne peut être que très bénéfique de tester son idée avant de se lancer corps et âme dedans. 

 

  • Par ton travail, tu es amenée à collaborer avec de nombreuses marques dans le domaine de la petite enfance. Aujourd’hui, qu’est-ce qui te plaît encore dans ce domaine et qu’est-ce qui à ton sens a changé ? 

Le changement majeur, c’est de proposer des produits avec de vrais missions, c’est-à-dire qu’ils doivent être non seulement fonctionnels mais aussi beaux et engagés avec une vraie personnalité. Que ce soit des produits ou des services, chaque projet est aujourd’hui personnifié. Il faut pouvoir identifier un produit à sa créatrice et celle-ci se doit de faire partie intégrante de la communication. Un créateur, c’est un peu Shiva au final ! (rires). Les marques communiquent également beaucoup plus et au-delà du produit proposé, il y a également une relation forte qui doit se créer avec les consommateurs. On sublime les objets et c’est tellement plus attractif qu’avant, notamment grâce au social media qui demande de travailler son image à fond. Un autre grand changement dans ce sens, c’est l’influence digital. Avant, il fallait séduire les journalistes, à présent il faut séduire les influenceuses. J’observe aussi que l’on implique davantage les pères dans la maternité par des produits développés spécialement pour eux.

Enfin, je vois une sorte “d’écrémage naturel” qui se fait au sein du domaine. Notre mode de consommation évolue, on se tourne vers la seconde main ou l’upcycling. On a fatalement besoin de moins de produits, ou ceci durent plus longtemps. Nous tendons vers une consommation raisonnée alors qu’il y a de plus en plus de marques. Les entreprises qui résisteront sont celles qui sauront se remettre en question ou repenser leur offre.

 

  • Quelle est la relation de consommatrice avec la mode pour bébés/enfants et quel avenir lui prédis-tu ? 

Je ne suis pas une très grande consommatrice de mode enfant car je vais privilégier des pièces de qualité qui durent et qui ont du style. Je consomme plutôt dans un mode circulaire : c’est-à-dire que je donne et je récupère des vêtements autour de moi. 

Aujourd’hui, j’ai des enfants plus grands qui savent ce qu’ils veulent et ça c’est génial. Ce sont eux qui ramènent la mode à la maison ! (rires). Bien sûr, l’aspect fashion ramène indéniablement au fast fashion, surtout pour des pré ados… C’est pour ça que c’est intéressant de se tourner vers des marques proposant des intemporels qui puissent durer et se transmettre d’un enfant à un autre. 

C’est aussi génial d’avoir de belles pièces qui marquent une occasion et se gardent. Ces pièces très particulières sont symboliques et se conservent comme on garde un bijou. Il y a un savoir-faire et un artisanat unique autour de la mode qu’il est important de valoriser, que ce soit en France ou en Europe.

Bien sûr, les finances entrent en ligne de compte mais ce n’est pas toujours une question d’argent : on peut se procurer des pièces de choix à bon rapport qualité prix sans pour autant que ce soit au détriment des travailleurs, de la planète et de notre santé. C’est d’ailleurs un des challenges de la mode enfant. 

Pour ma part, j’investis sans hésiter dans la lingerie écologique pour mes enfants car ce sont des produits au contact direct de la peau. De plus en plus de nouvelles marques se lancent avec des valeurs éco responsables, indispensables aujourd’hui. Je soutiens à fond cette démarche. 

 

  • Quelle est ta définition de l’esprit de famille ? 

Ce n’est pas simple comme question ! (rires). L’esprit de famille, ce pourrait être penser tous ensemble et agir communément. Mais finalement, il n’y a pas un seul esprit de famille car une famille est composée d’individualités et chaque personnalité doit se coordonner pour arriver à l’unisson. On ne doit pas conformer les autres à son esprit de famille : le challenge c’est d’arriver à former une entité dynamique tout en se respectant mutuellement et sans influencer les différentes personnalités qui la composent. Une famille doit accepter ses différences.

 

  • Quel est ton secret pour concilier vie de femme, de maman et d’entrepreneure ? 

Je n’ai pas de secrets, je dirais que ça dépend de plein de paramètres, notamment la configuration de la famille. 

Le plus important, c’est d’arriver à lâcher prise avec la culpabilité : on ne sera jamais des mères parfaites. Forcément, on va toutes à un moment donné se poser plein de questions, en tant que femme on ressent aussi beaucoup de charge mentale et il y aura toujours quelqu’un pour nous critiquer. Mais nous rendre malade ne rendra pas la tâche plus facile. Moi je mets des “oeillères” parce que je n’ai pas envie de cette toxicité dans mon quotidien.

 

  • Un mot pour définir ta famille ?

Pleine de vie ! Chez nous, nous sommes tous des personnalités assez fortes et du coup ça jazz ! (rires)

 

  • Qu’est-ce que cette crise sanitaire du Covid aura apporté de plus à ton business ? 

Cela nous a apporté beaucoup plus d’audience et de visibilité même si au final, cela n’a fait que confirmer que nous étions au rendez-vous pour conseiller les mamans plus que jamais. A travers des lives, des conseils et de belles rencontres avec professionnels et créateurs, nous avons mis en avant du lien et donc, rempli notre mission. 

 

  • Comment vois-tu Mum-to-be Party dans 10 ans ? 

Honnêtement, je n’en sais rien ! (rires.) Si on m’avait dit à mes débuts que Mum-to-be Party serait toujours là dans 10 ans ! 

J’ai 40 ans et je ne sais pas si dans 10 ans, je serai toujours à la tête de ce projet mais en tout cas, j’ai constamment la motivation et les idées.

Ce qui est sûr, c’est que Mum-to-be Party répond à un réel besoin et que ce concept sera toujours utile dans les années à venir. Je ne peux pas dire avec certitude où je vais le porter et comment, je suis mon intuition et les échanges que j’ai avec mamans et experts. Seuls eux pourront m’inspirer la suite. Je ne fais pas de réelles projections, je sens les choses mais je ne peux pas me projeter sur 10 ans. J’aurais bien aimé pourtant ! (Rires)

 

  • Que peut-on te souhaiter de plus fou ? 

L’immortalité ! J’aime beaucoup trop la vie, il y a tellement de belles choses à vivre et à faire que ça m’ennuie profondément de savoir que je vais mourir un jour ! (Rires).

 

maman et fille dans les bras bisou

©Libia Arteaga Photography

Interview par Julie Parenthoux

Retrouvez Christel sur le compte instagram et le site Mum-to-be Party

Les événements à venir de Mum-to-be Party :

  • 4ème édition de Aux Petits Soins pendant la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel, qui sera une rencontre physique et digitale 100% allaitement #auxpetitssoinsbymtbp
  • Tournée Hatoppyday qui reprend en novembre à Lille et Nantes #hatoppyday

Tous les events sont annoncés sur la page Events du site Mum-to-be Party.

 

femme et bébé

rencontre mamans bébés

© Candice Hénin

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maman et filles bisou

Sincérité et partage : deux caractéristiques qui se dégagent autant du compte instagram @theblondiediary que de la jeune femme discrète au grand coeur qui se cache derrière.

Au fil des années, Morgane a su construire une communauté solide de mamans basée sur l’échange et la franchise jusqu’à se faire un petit nom dans la sphère Instagram. 

Bien loin des mamans blogueuses dont l’authenticité a fini par s’effacer, Morgane m’a séduite par sa pudeur, sa douceur et sa simplicité. 

C’est avec un immense plaisir que j’ai pu la photographier avec sa petite famille lors du shooting de ma prochaine collection. 

Sans artifices et avec une grande générosité, Morgane a abordé avec moi sa relation avec instagram et ses débuts sur le réseau, l’importance de sa communauté, l’évolution de sa relation avec la mode mais aussi sa vision de l’esprit de famille et les valeurs qu’elle souhaite transmettre à ses deux petites filles. 

Un échange touchant d’une rare authenticité à lire sans plus attendre. 

photo de famille

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Morgane, j’ai 32 ans, je suis maman de deux petites filles Charlie et Robine et je vis à Lausanne. 

 

  • Tu es très active sur Instagram avec ton compte @theblondiediary, comment décrirais-tu ta relation avec ce réseau ? 

Lorsque j’ai lancé mon compte, il était axé mode et bons plans. Il était vraiment centré sur ce que j’aimais et au fil du temps, il a grandi avec moi. 

J’ai partagé ma grossesse, mes expériences et petit à petit, mon compte et mon blog ont évolué. Avant, je partageais des idées de looks, aujourd’hui mes posts sont plutôt des sortes de billets d’humeur. Il y a quelque chose de beaucoup plus fort derrière, c’est un autre type d’échange. En devenant maman, j’ai acquis une communauté de mamans avec qui je partage énormément, cela va dans les deux sens et c’est très enrichissant.

 

  • Grâce à ton compte, tu as su créer une grande communauté de mamans notamment en Suisse : peux-tu nous raconter comment cela a démarré et comment entretiens-tu ta communauté aujourd’hui ? 

Je n’ai pas de filtres. Je ne partage pas tout bien sûr mais si on me pose des questions en privé, je répond sans problème. 

J’essaye de répondre à toutes les personnes qui m’écrivent en étant la plus sincère possible. Ma relation avec ma communauté a de plus en plus évoluée dans l’échange et c’est ce qui me plaît : lorsque des mamans m’écrivent et qu’elles ont des doutes, je partage simplement mon expérience, je suis passée par-là aussi. 

J’essaye simplement d’être moi-même, sincère et authentique, de ne pas jouer un rôle.

Aujourd’hui sur Instagram, on a l’impression que les mamans sont parfaites, que personne ne gronde son enfant ou qu’il ne pleure jamais… C’est le côté tout beau tout rose que le réseau aime laisser paraître même si ce n’est pas la réalité. Cela nous met beaucoup de pression : malgré tout, il ne faut pas oublier que l’on reste humain, on a parfois le droit de s’énerver ou de ne pas faire “tout bien”.

J’essaye aussi d’entretenir le lien en faisant des concours pour partager ce que j’ai la chance de pouvoir découvrir ou en offrant des codes promos. C’est un véritable travail où il faut toujours être actif. Il suffit de quelques jours d’absence pour que nos vues ou nos likes chutent. 

Mais je ne me mets pas de contraintes par rapport à ça : je poste lorsque j’en ai envie. Les jours où ce n’est pas le cas, je ne me force pas. Je pense que c’est cette authenticité qui a contribué à construire cette communauté solide qui m’entoure aujourd’hui.

J’ai aussi la chance d’avoir un travail en parallèle. Instagram et mon blog sont une activité accessoire et je peux sélectionner uniquement ce qui me plaît. 

Parfois, je me pose la question : pourquoi partager telle ou telle chose, les gens n’ont pas besoin de savoir tout ça… Mais après tout, je me laisse guider par mes envies et je partage mes petites fiertés. La sincérité, c’est ce qui compte.

 

  • Working mum de deux petites filles & instagrameuse, comment trouves-tu l’équilibre entre toutes ces facettes de ta vie ? 

Ce n’est pas facile mais je me suis mise des priorités : ma vie de famille d’abord. Ensuite, il y a le travail qui me fait vivre, très présent mais que j’aime beaucoup et enfin il y a mon compte instagram qui est plutôt une passion. 

J’essaye de mener à bien les trois même s’ils sont forcément étroitement liés. 

J’apprends aussi à lâcher prise et c’est très important : les jours où je n’ai pas envie de poster, je me rappelle à moi-même qu’Instagram n’est pas toute ma vie mais une passion. Si demain le réseau venait à disparaître, je serai triste bien sûr car toute cette communauté me manquera mais j’ai le plus important avec moi, ma famille.

A l’époque lorsque j’étais plus axée mode, je faisais tout le temps des photos et ce n’était pas très sain. Aujourd’hui, ma fille me dit parfois “pas de photos maman” ou ”pas de téléphone”, du coup cela me force aussi à couper de temps à autre et à profiter à 100% de ma vie hors du réseau.

Ce n’est pas évident d’équilibrer tout ça mais je le fais plutôt naturellement au feeling.

 

  • Comment a évolué ta relation avec la mode au fil du temps ? 

C’est simple, je ne m’achète plus rien pour moi  ! (Rires).

J’ai deux filles alors niveau mode j’ai beaucoup de choix pour me faire plaisir. J’ai connu le sexe de mes deux filles à leur naissance, donc durant mes grossesses, j’ai acheté des choses neutres, que je pourrais aussi réutiliser au sein de la fratrie. Et puis d’un enfant à l’autre aussi, les choses évoluent. Pour Charlie ma première fille, j’ai acheté beaucoup de choses, un peu trop même ! (rires. Alors que pour Robine, ma deuxième, je récupère les affaires de sa soeur ou de sa cousine. Je chine aussi des pièces de seconde main. C’est un fonctionnement plutôt normal pour une maman : pour le premier enfant, on est dans une euphorie nouvelle et on se laissera beaucoup plus tenter par toutes les belles choses que l’on voit.

Aujourd’hui, je me dirige vers une mode où je prends conscience de cette surconsommation, je développe mon intérêt pour le choix de matières et l’origine du vêtement, même si j’achète de temps à autre chez Zara ou H&M. Je m’intéresse beaucoup aux petites marques qui ont du potentiel, dont on ne parle pas forcément mais qui ont un très bon rapport qualité prix. 

Pour moi en tant que femme, ma consommation a plutôt régressée ! (rires.) 

Avant, je m’achetais énormément de vêtements, maintenant très peu. Je regarde aussi dans mon armoire lorsque j’ai très envie d’une pièce et je réalise que j’en possède déjà une similaire. Aujourd’hui, j’ai envie d’épurer et de garder l’essentiel. 

Avec le confinement, j’ai appris que l’on peut se suffire à nous-même et profiter de choses immatérielles. Se balader dans la nature, passer du temps en famille, faire des jeux de société au lieu d’aller faire du shopping par exemple. J’ai pris conscience que toute cette consommation, c’était parfois un peu trop. Nous n’avons pas besoin de tous ces “à-côté” pour être heureux.

 

  • 3 mots qui définissent la maman que tu es ?

Difficile… Ça me fait penser à un entretien d’embauche ! (rires) 

Je dirais que je suis une maman aimante, patiente et à l’écoute. Même si mes filles sont petites, je suis attentive à leurs besoins et j’essaye de faire au mieux. Evidemment, ce n’est pas tous les jours facile et ma patience a aussi des limites. 

 

  • 3 mots qui te définissent en tant que femme ? 

Je suis réservée. J’ai du mal à parler de moi, cela me gêne…. (sourire). 

Je suis aussi quelqu’un de fonceuse. Lorsque je veux quelque chose, j’essaye de l’obtenir par tous les moyens. Je suis un peu tête de mule !

Je suis amoureuse, c’est important en tant que femme d’être amoureuse (sourire)

Et puis je suis fatiguée aussi ! (Rires)

 

  • Tu as 2 petites filles, comment abordes-tu leur éducation dans un monde où le patriarcat domine toujours ? Que souhaites-tu leur transmettre ? 

J’ai la chance d’avoir un chéri qui fait beaucoup à la maison. Il travaille à temps complet et moi à 70% donc par la force des choses, je suis quand même plus souvent à la maison. Nous les femmes, nous avons aussi ces réflexes de ranger et entretenir la maison alors qu’un homme fera moins attention. Mais il m’aide beaucoup, il fait les repas… Les filles voient que leur papa ne rentre pas du travail en mettant les pieds sous la table. 

Aujourd’hui, la société a changé. Les mamans travaillent et ne sont plus des femmes au foyer comme ont pu l’être nos mamans ou nos grands-mamans. Le papa n’est plus seulement là pour l’aspect financier, même s’il a encore une pression sur ses épaules plus forte que la femme. Peut-être faudrait-il revoir les choses ? 

J’explique aussi à mes filles que l’on est tous égaux. Ce n’est pas seulement papa qui fait à manger ou maman qui fait le linge, ça peut être les deux. J’essaye également de ne pas faire attention au genre : une petite fille ne doit pas forcément avoir un fer à repasser à la maison. Charlie, elle, adore les petites voitures. Si un jour elle veut un pantalon avec des camions dessus, elle l’aura sans problème. Nous sommes très ouverts là-dessus. 

Je n’ai pas de garçons mais ça aurait été intéressant de lui inculquer les valeurs dans l’autre sens. En tout cas, je vais essayer d’éduquer au mieux mes deux filles, je pense que j’ai un joli challenge devant moi et c’est là que tout va se jouer pour plus tard. Défi accepté, on fera au mieux ! 

 

  • L’esprit de famille c’est quoi pour toi ? Quel esprit de famille aimerais-tu transmettre à tes enfants ?  

J’ai vécu uniquement avec ma maman et mon frère donc j’ai un esprit de famille un peu “biaisé”, différent. Avant de rencontrer mon chéri, je m’étais dit que si je dois élever mes enfants seule, je le ferai. C’était un peu le seul modèle que je connaissais.

Aujourd’hui, j’ai deux filles et une famille au complet : c’était un vrai rêve. Faire des balades en famille, des sorties en vélo, être quatre… c’est magique. Ce que je n’ai pas eu, j’essaye de le transmettre encore plus à mes filles et ma famille. 

Je suis toujours très proche de ma mère et de mon frère, qui a une petite fille du même âge que Charlie. 

On organise des week-end et des brunchs en famille, on passe de vrais moments de qualité entre nous où le téléphone est souvent mis de côté. Cela peut être des choses toutes simples comme prendre le temps de petit-déjeuner plus longuement…. 

L’esprit de famille pour moi, c’est d’être toujours là pour l’autre quoiqu’il arrive. 

L’autre jour, on expliquait justement à Charlie, même si elle est encore petite, que si elle avait besoin de parler elle pouvait le faire avec n’importe quelle personne de la famille. La confiance, elle peut l’avoir plus loin qu’en ses parents, jusque dans nos amis proches que l’on considère comme de réels membres de notre famille. 

 

  • Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter de plus fou ? 

Un troisième enfant ! (rires). Non je rigole, je pense qu’on va s’arrêter là.

Je me sens vraiment heureuse, alors peut-être encore plus de bonheur ? 

Ce deuxième enfant a été comme une révélation pour moi dans mon rôle de maman. Pour Charlie, j’ai eu un petit baby blues alors qu’avec Robine, j’ai plus profité. Avec deux enfants en bas-âge, il faut trouver son équilibre et apprivoiser chacun sa place. Mais cela se fait naturellement au quotidien. 

Que peut-on me souhaiter d’autre ? De la santé pour mes filles, ma famille et peut-être encore une longue vie sur instagram !

enfants sur le lit

petite fille pull à motifs

Interview par Julie Parenthoux

Retrouvez Morgane sur son compte instagram et sur son blog

 

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garçon qui court dans la campagne

Libre : le mantra de Lois pourrait se résumer en 1 mot. 

Cette photographe freelance et maman de 3 enfants qui collabore aujourd’hui avec de nombreux acteurs de la mode enfant comme Milk Magazine, incarne le nouveau slow living à la française.

Dans ses clichés, se mêlent à la fois poésie, insouciance et fraîcheur de vie comme une introspection de ses modèles vue de l’extérieur. 

Dynamique, sincère et pleine d’entrain, Lois a évoqué avec nous son expérience entrepreneuriale qui dure, sa relation avec la mode et sa consommation mais aussi sa vie de maman ainsi que les mille projets dont elle fourmille avec sa famille. 

Zoom sur une mumpreneur on ne peut plus dans l’air du temps. 

femme et enfants dans les champs

 

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Je m’appelle Lois et je suis photographe freelance. Je suis maman de 3 enfants et j’habite dans la campagne lyonnaise depuis 3 ans maintenant. Nous avons une vie assez douce, on va dire.

 

 

  • Comment définirais-tu ton expérience entrepreneuriale en 3 mots ? 

Géniale, très enrichissante et constructive. Pour moi, le mot entrepreneur signifie la liberté et c’est un concept très important pour moi (sourire).

 

 

  • Quel conseil aurais-tu aimé recevoir en te lançant dans l’entrepreneuriat ? 

Du soutien autour de la partie administrative, que ce soit concernant les démarches, les statuts, la comptabilité… C’est vraiment un côté difficile et laborieux quand tu te lances, car tu sors du schéma patron / contrat / horaires de travail et vacances payées. Tu dois te débrouiller seul pour trouver quel statut est le plus adapté à ton activité, comment faire tes déclarations de revenus… Et bien sûr, tout dépend de la spécificité de ton domaine d’activité. Moi je suis indépendante depuis mes 25 ans (à l’époque j’étais commerciale dans la mode) mais j’aurais aimé avoir quelqu’un qui m’aide, une sorte de mentor, même si c’est un peu idyllique ! 

Lorsque je me suis lancée dans la photographie,  je me souviens avoir écrit à des photographes déjà établis pour leur poser des questions. Quelques-uns m’ont répondu mais évidemment les réponses sont trop courtes… Au début, c’est frustrant car tu as un milliard de questions et tu aimerais un échange plus riche ! Mais en même temps, c’est le jeu. 

Faire ses propres expériences, c’est aussi très important et c’est comme ça que tu apprends beaucoup. 

 

 

  • Quel est ton meilleur souvenir entrepreneurial ? 

C’est plus qu’un souvenir, c’est une sensation. Une sensation de liberté, ce ressenti soudain qui m’enlève un poids. 

Je me suis sentie vraiment libre et cette liberté est extrêmement précieuse pour moi. J’adore pouvoir aménager mes horaires comme je le souhaite, de ne pas avoir à rendre de compte sauf à moi-même. Si je gagne de l’argent, c’est uniquement grâce à moi-même. Si je n’en gagne pas, c’est peut-être parce que j’ai mal ciblé mes potentiels clients. 

J’adore cette liberté qui me crée chaque jour de nouveaux challenges à relever.

 

  • Comment conjugues-tu ton rôle de maman, ta carrière freelance et ta vie de femme ? 

Je peux le faire car j’ai un mari extraordinaire qui m’aide énormément et cela me permet de m’épanouir professionnellement. Si je n’avais pas son soutien ou son temps, rien de tout cela ne serait possible, car il s’occupe notamment beaucoup des enfants. 

Tout est aussi une histoire d’équilibre : prendre du temps entre copines, en couple, pour des sorties en famille… Puis vient aussi le temps du travail. “Équilibrer les différentes facettes de sa vie”, c’est jongler avec tout un tas de choses. 

En fonction de l’âge des enfants et des moments de vie, il y a parfois des sphères délaissées mais il faut accepter chaque étape et ne pas se frustrer. Si par exemple, les enfants sont petits et que cela devient un casse-tête organisationnel et financier de prévoir  un resto en couple alors ne le fais pas et réinvente les choses autrement. Il faut prendre ce que l’on a au moment présent et faire de la meilleure façon. Rien n’est figé, tout est en perpétuel changement.

 

 

  • Tu collabores beaucoup avec le milieu de la mode, notamment enfant. En tant que maman sensibilisée, comment consommes-tu pour tes enfants ? Et pour toi-même ?

Moi je suis très peu consommatrice, j’achète peu de choses matérielles. 

Je suis beaucoup plus dans la récupération, les achats d’occasion, les trouvailles. Je n’ai aucun complexe à récupérer un objet de la poubelle si je vois qu’il est canon. 

Personnellement, je ne vais jamais faire les magasins, j’achète rarement en ligne. Quand je le fais, c’est pour quelque chose dont j’ai vraiment besoin. 

Pour les enfants, j’ai la chance avec mon métier que l’on me propose beaucoup de collaborations. Je reçois pas mal de pièces en échange de création de contenu donc je n’ai pas besoin d’acheter. Si j’achète, j’achète toujours d’occasion. Les vide-greniers, Emmaüs, le Bon Coin… Ce sont mes spots de rêve, je m’éclate ! (rires) 

Pour l’aménagement de notre maison, c’est la même chose, je récupère les meubles que j’ai déjà et je les transforme. Au lieu d’aller directement acheter quelque chose de nouveau, je vais déjà regarder ce que j’ai chez moi, de quelle manière je peux le métamorphoser ou si un simple changement de place va me donner une autre sensation ou une utilisation différente. 

En dehors de la nourriture et des choses essentielles pour vivre, je consomme très peu.

 

 

  • Suite à cette crise sanitaire et à l’évolution constante de la consommation, quel avenir prédis-tu à la mode éthique ? 

Je pense qu’avec un minimum de raison, de sensibilité et d’intelligence, on va forcément finir par se tourner vers la mode éthique. 

Vu que je n’achète jamais dans les grandes enseignes, lorsque j’ai par exemple un cadeau à faire, je vais naturellement me tourner vers des marques à la démarche éthique et écologique. Ce serait d’ailleurs génial que l’on arrête d’acheter dans les grandes enseignes de fast fashion qui incitent à la surconsommation. C’est le serpent qui se mord la queue, on dit “Il ne faut pas le faire” mais on continue de surconsommer. 

J’espère que les gens vont réagir, comprendre le réel enjeu et consommer de manière adéquate.

 

 

  • Parle-nous en quelques mots de Maison Source 

Maison Source, c’est notre maison. A la base, cela devait être uniquement notre chez-nous mais comme je bosse en indépendante depuis longtemps, j’avais besoin d’un espace pour travailler.

Au fur et à mesure de notre emménagement, nous avons réalisé le potentiel des différents espaces et imaginer ce que nous pouvions en faire. 

Dans un premier temps, nous avons créé le studio Maison Source avec mon mari chef pâtissier. Nous créons du contenu culinaire visuel et nous proposons la création de recettes à différentes enseignes, marques ou restaurants.

En parallèle, nous envisageons d’utiliser une grande salle atelier de notre maison pour organiser des workshops, faire une table d’hôtes éphémère pour déjeuner et dîner mais aussi de mettre la salle à disposition pour différentes séminaires d’entreprises, de yoga, ateliers cuisine ou photo. Nous avons aussi comme idée de créer deux chambres d’hôtes dans ce même lieu.

C’est un projet qui nous tient très à coeur et qui nous demande beaucoup d’investissements personnels, professionnels et financiers. Nous avons hâte qu’il puisse voir le jour.

 

 

  • Que peut-on te souhaiter de plus fou ? 

Que Maison Source voit le jour et que l’on puisse voir notre rêve se matérialiser pour de vrai. C’est long de tout mettre en place mais on espère du plus profond de notre coeur que cela puisse se réaliser.

 

garçon débardeur orange et fille

 

fille coquillages sur les yeux

Retrouvez le travail de Lois sur son compte instagram pro et perso mais aussi sur son site internet 

Découvrez le projet Maison Source sur le compte instagram éponyme

 

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femme et enfant assis devant vitrine

Solaire et pétillante, Nathalia nous accueille à bras ouverts dans sa boutique genevoise. Véritable petit cabinet de curiosité, Nath & Jul est un reflet de tout ce qui passe par la tête de la créative Nathalia. 

Sa sélection est pointue, fraîche comme le billet d’humeur d’une vie de cette jeune maman.

Sans chichis, nous avons échangé autour de la naissance du concept Nath & Jul, de ses débuts dans l’entrepreneuriat, de la face cachée du retail mais aussi de ses inspirations et de l’importance de sa famille. 

Portrait d’une autodidacte déterminée à la créativité sans limites.

bouquet fleurs et main

 

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Je m’appelle Nathalia et j’ai bientôt 36 ans. Je suis brésilienne d’origine et genevoise de coeur. J’ai 2 enfants Julian, 7 ans (d’où le nom de la boutique Nath & Jul !) et Matia, 3 ans. 

Le concept Nath & Jul est né lorsque j’étais enceinte de Julian : je travaillais dans le domaine des assurances et très vite, j’ai dû m’arrêter de travailler pour des soucis de santé. Étant de nature assez hyperactive, cette future inactivité m’a fait peur. 

En parallèle, j’étais fan des shop online autour de la petite enfance, de trouver le meilleur doudou à travers des recherches de marques… Et puis j’ai commencé à en faire moi aussi ! 

Petit à petit, les choses ont démarrées. J’ai donc commencé avec le eshop : à sélectionner des coups de coeur, une marque puis deux… C’est comme ça que Nath & Jul a pris vie.

 

 

  • Comment définirais-tu ton parcours entrepreneurial ? 

Il est similaire je pense à celui de nombreuses femmes entrepreneures qui ont des enfants. J’avais cette envie qui me prenait aux tripes mais beaucoup de culpabilité vis-à-vis de mes enfants. 

J’ai été mère au foyer durant 2 ans pour mon aîné et j’ai assez mal vécu cette période, je me trouvais “une mère horrible” ! (rires). 

J’étais et je suis encore très fusionnelle avec mon premier mais j’avais besoin de faire autre chose en parallèle. J’ai ouvert ma boutique en juillet durant les vacances scolaires, donc mon fils est un peu passé de tout à “rien”. Cependant, il était important pour moi de garder le mercredi avec mes enfants, même si cela m’a valu pas mal de critiques au niveau business.

Nath & Jul, c’est mon troisième enfant : j’ai envie d’en vivre mais je ne rêve pas d’ascension fulgurante ou de success story de dingue. 

Je suis là parce que j’ai envie d’être là et que je suis bien. Je souhaite mener mon projet et ma vie de maman main dans la main, je pense d’ailleurs que c’est le challenge pour chaque maman qui se lance dans l’entrepreneuriat. 

Chez moi, l’entrepreneuriat n’était pas le rêve d’une vie mais j’aime les gens et j’ai ce côté très sociable. Et puis le facteur chance est indéniable : j’étais au bon endroit au bon moment. J’ai vu une annonce pour le local sur facebook, je suis allée voir et tout a commencé, je ne m’y attendais pas. 

 

 

  • Parle-nous du petit monde du retail et de ton expérience

Avant Nath & Jul, j’ai longtemps travaillé dans une boutique à Carouge où j’ai appris beaucoup. 

Je pense que le plus important est de toujours se démarquer, avoir son propre univers.

Il faut faire attention aux autres boutiques proches et éviter d’avoir les mêmes produits.

Ce n’est pas toujours facile car Genève est une petite ville ! 

 

 

  • Quel est l’ADN de Nath & Jul en 1 mot ? 

C’est mon fils donc de l’amour, beaucoup d’amour.

Du travail aussi bien sûr, mais le mot amour qualifie totalement Nath & Jul car tout ce que je fais, je le fais avec sincérité.

Faire ce qu’on aime, ça n’a pas de prix.

 

 

  • Comment choisis-tu les marques que tu vends ? 

Je m’inspire beaucoup sur instagram notamment des boutiques du monde entier. Je trouve des coups de coeur que je contacte ensuite directement pour leur proposer une collaboration.

Je vais aussi beaucoup sur Etsy mais le problème majeur de cette plateforme, c’est souvent les coûts. 

J’adore faire découvrir de nouvelles marques à mes clients ! 

Je fonctionne beaucoup au coup de coeur. La majorité des créateurs que je vends en boutique, je les connais et je suis en contact permanent avec eux. Avec les grands, c’est plus compliqué. Tous les “petits” comme je les appelle, j’aime échanger avec eux et avoir un suivi en boutique. Les relations humaines sont très importantes pour moi.

Je pense que je pourrai refuser un créateur par arrogance. C’est d’ailleurs quelque chose dont j’ai justement souffert dans l’entrepreneuriat : lorsqu’on est petit et que l’on ne remplit pas les minimums de commande, c’est frustrant car soit on doit renoncer soit c’est un trop gros stock à écouler. 

Quand on rentre dans cet aspect business là, une marque perd un peu de “sa magie”, il n’y a plus de côté artisanal ou de réelle proximité. Les  petits créateurs sont beaucoup plus souples là-dessus. 

J’essaye aussi de faire attention au Made in China et d’avoir une belle qualité de produits. Parfois on ne peut pas éviter le Made in China mais ce n’est pas toujours péjoratif. Aujourd’hui en 2020, l’Asie possède aussi un savoir-faire particulier. Il faut donc être juste depuis le départ. Après tout, on est tous humains et on ne peut pas toujours être éthiques à 100%.

C’est d’ailleurs extrêmement dur de trouver une marque clean à 100% ! En tout cas, moi j’aime en savoir le plus possible pour informer le client, très demandeur de transparence aujourd’hui.

 

 

  • Quelle relation entretiens-tu avec la mode ? 

Je pense qu’en vieillissant, je préfère la qualité à la quantité et posséder de belles pièces. Après comme tout le monde, je vais parfois dans de grandes enseignes de fast fashion ! (rires). Quand je trouve une marque qui me plaît, je me crée mes petites habitudes et je reste très fidèle. Je porte aussi des produits que je vends. 

Je fais tout de même attention dans ma façon de consommer, par exemple je commande rarement sur les grandes plateformes de e commerce. Je suis une personne qui aime beaucoup essayer même si par manque de temps, je commande parfois en ligne.

Je ne suis pas complètement “psycho de l’éthique et du durable”, je fonctionne aussi au coup de coeur. 

Si je peux trouver une marque qui fait des choses “bien et clean”, je suis toujours preneuse mais de nouveau, il faut avoir le budget et ce n’est pas forcément quelque chose que tu fais tous les jours.

 

 

  • A ton avis, saisonnalité et mode, est-ce toujours compatible ? 

Pour nous en tant que commerçants, en vérité c’est chiant ! (rires). 

A cause des délais de livraison, nos commandes de “saison” arrivent bien souvent en retard ou au mauvais moment.

L’inter saisonnalité peut être intéressant pour le client. Des marques ont commencé à s’y mettre comme Veja, qui font les mêmes modèles pour toutes les saisons à quelques exceptions près.

Bien sûr, il y a certaines pièces pour lesquelles c’est impossible comme des petites jupettes ou les maillots de bain… Mais pour d’autres, cela peut très bien fonctionner ! Je vends par exemple des tee-shirts en toute saison, à porter en hiver sous un cardigan.

En tout cas, j’encourage à fond cette démarche lorsque c’est possible !

 

  • Qu’est-ce que ton rôle de maman a ajouté comme plus-value à ton business ? 

Mes enfants m’aident tous les jours ! Je m’inspire d’eux pour tellement de choses. 

J’ai deux garçons donc forcément ils ne sont pas très “shopping”. Au début en tant que maman, c’est frustrant ! (rires). Et puis à la base, on a toujours ce rêve d’avoir une petite fille…

Il faut dire qu’en terme de mode, un garçon n’a jamais autant de choix qu’une fille, j’en ai fait l’expérience ! 

Dans ma boutique, je choisis volontairement des pièces unisexes car je trouve ça dommage que la mode garçon soit toujours “moche” ou limité. 

Je fais parfois des photos de mes enfants avec quelques produits de la boutique mais je ne vais pas forcément les inclure dans ma démarche. Ce qu’ils m’apportent, c’est surtout beaucoup de force. 

Quand je rentre le soir après une journée difficile, ils sont là et me disent des choses tellement adorables… Je fonds ! Je pense aussi que j’ai clairement changé avec eux dans plein d’aspects de ma vie. Avant, je ressentais cette espèce d’insatisfaction de ne pas complètement m’épanouir. 

Me lancer dans l’aventure Nath & Jul à leurs côtés, ça change beaucoup de choses : j’ai plus de patience avec eux même si je suis épuisée à la fin de la journée. Je ressens beaucoup moins de frustration ou d’énervement, je suis plus dans le lâcher prise et le fait de relativiser.

Je suis plus souriante, plus heureuse et en conséquence, cela se ressent sur mes enfants. 

Je pense que certaines femmes sont faites pour être mère au foyer et d’autres non, c’était mon cas. Il s’agissait de mon bien-être et de celui de ma famille de choisir cette voie.

 

 

  • Justement, quelle est ta vision de l’esprit de famille ? 

C’est clairement ma famille en premier. 

Mais il faut parfois s’écouter et prendre du temps pour soi. On va se “sacrifier” toute notre vie pour nos enfants, il faut donc penser à prendre du plaisir et à être heureux nous aussi pour leur faire ressentir. 

Lancer Nath & Jul a aussi contribué au bien-être de mon couple, je pouvais échanger avec mon conjoint autour d’un autre sujet que les enfants. 

Enfin l’esprit de famille, c’est trouver un certain équilibre. Je commence petit à petit. Il me reste à trouver un samedi avec eux car pour l’instant je n’ai aucun week-end de libre. J’ai d’ailleurs pour projet d’engager quelqu’un pour la rentrée.

 

 

  • Quel est le meilleur conseil que l’on t’ai donné dans ton parcours entrepreneurial ? 

De plus oser et plus me vendre. Je n’aime pas trop me montrer, j’ai ce côté un peu réservé où je ne me montre pas assez. J’ai toujours peur de ce que vont penser les autres…

Je dois prendre confiance en ce que j’ai créé car je ne réalise pas toujours ce que j’ai construit. 

Apprendre à être fière de moi ! Mais j’y travaille… (sourire)

 

 

  • Que peut-on te souhaiter de plus fou ? 

De pouvoir continuer à faire ce que j’aime tout simplement ! Et qui sait, un jour peut-être avoir une arcade un peu plus grande !

 

petits garçons boutique

 

tapis lion et déco enfant

 

Retrouvez Nathalia dans sa boutique Nath & Jul, Boulevard de Saint-Georges 52, 1205 Genève – ou sur son compte instagram Nath & Jul 

 

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maman avec fillettes assises sur le lit

J’ai eu la chance de rencontrer Julie par hasard lors d’un évènement lyonnais.

Pudique et réservée au premier abord, je pouvais sentir chez elle une réelle profondeur d’âme et un grand potentiel créatif. 

Dès notre première rencontre, j’ai eu un réel coup de coeur pour son travail photographique : vivant, spontané, et naturel. Une perception unique de l’enfance à travers son regard de maman épanouie.

De ses clichés, se dégage une certaine douceur poétique, comme la délicieuse nostalgie d’une après-midi à la campagne ou la chaleur sucrée persistante de longues soirées d’été.

J’ai la chance de collaborer régulièrement avec Julie, c’est donc avec un plaisir particulier que j’ai rédigé son portrait pour la série des mamans inspirantes.

Discrète avec un regard touchant, profond et vif : voilà comment je définirai Julie et sa vision photographique. 

fille robe à carreaux rouges et fleur

© Julie Gache

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Je m’appelle Julie, j’ai 31 ans et je suis maman de deux petites filles : Elie 7 ans et Paula 3 ans. 

Nous vivons à la campagne dans la région grenobloise et je suis photographe freelance.

 

 

  • Tu as fait l’expérience d’une reconversion professionnelle. Comment as-tu vécu ce cheminement et comment en es-tu arrivée au domaine de la photographie ? 

Le cheminement a été très long (sourire).

La photo est venue à moi assez naturellement : à la naissance de ma première fille, le papa m’a offert un appareil photo car j’avais envie de garder une trace de tous nos moments de vie.

Petit à petit, j’y ai pris goût : d’abord en photographiant ma fille puis par la suite, j’ai continué à le faire par pur plaisir.

Progressivement, les choses se sont enchaînées : j’ai eu une deuxième fille, je suis devenue de plus en plus présente sur les réseaux sociaux… C’est justement par ce biais que l’on m’a contactée pour des collaborations. J’ai donc réalisé pas mal de photos notamment pour la mode enfant et la décoration, deux univers qui me passionnent. 

C’est cet engouement qui m’a poussé à me lancer en tant que professionnelle dans la photographie. J’ai commencé à me former techniquement en autodidacte – aujourd’hui avec internet c’est assez facile – et avec beaucoup d’observation aussi.

Voilà ce qui m’a menée à cette reconversion.

 

 

  • Comment définirais-tu ton esthétique ? 

Bonne question ! (rires). C’est un concept très dur à définir car l’esthétique évolue constamment selon les inspirations, notre état d’esprit, nos expériences… 

Je pense que la beauté est différente pour chacun. Pour ma part, j’aime voir la beauté dans des choses simples, des moments de famille complices… 

J’aime cette beauté pure que l’on peut retrouver au quotidien, une beauté assez naturelle et spontanée en fait.

 

 

  • Tu es aussi présente sur les réseaux sociaux avec une petite communauté de mamans, comment conjugues-tu ton coeur de métier avec les réseaux sociaux ?

Beaucoup d’opportunités sont venues à moi grâce aux réseaux sociaux, je n’ai jamais vraiment eu à démarcher.

Evidemment, Instagram est un univers particulier et on ne peut pas tout partager.

En tout cas, je garde une certaine réserve pour préserver ma famille, même si mes filles apparaissent parfois dans mes photos. 

Dans mon coeur de métier, tu es également obligée de te créer une “ligne de conduite” pour garder un feed harmonieux. Je dois faire un choix parmi toutes mes envies et mes inspirations, je ne peux pas tout poster si je veux que mon compte garde un joli rendu. 

D’ailleurs, ce serait bien que j’envisage de me créer un compte professionnel pour partager un peu plus mon travail, mes collab, les shootings que je réalise… il faut que je travaille sérieusement là-dessus ! (rires)

 

 

  • L’esprit de famille, c’est quoi pour toi ? 

La famille, c’est le plus important pour moi. Dès la naissance de ma première fille, cela a été très naturel : j’ai eu envie de consacrer beaucoup de temps à ma famille. C’est ce que je fais d’ailleurs depuis plusieurs années. 

J’ai eu la chance de pouvoir m’arrêter de travailler pour m’occuper d’Elie durant ses premières années. J’ai pu aussi le faire aussi pour Paula, ma seconde fille. Il était primordial que je puisse leur consacrer beaucoup de temps et d’énergie. 

La famille est vraiment ce qu’il y a de plus important à mes yeux : développer la complicité entre ses membres, apprendre à se respecter, s’entraider, être à l’écoute…

Lorsque j’étais enceinte de Paula, nous n’avions pas demandé le sexe du bébé pour garder la surprise.

Quand nous avons découvert que c’était une petite fille, j’étais tellement contente ! Je trouvais qu’avoir une soeur pour Elie, c’était magique. Je les imaginais grandir ensemble et pouvoir se créer une belle complicité. 

Devenir grande soeur, c’était vraiment la meilleure chose que je pouvais offrir à Elie. Avec le confinement, cela me le confirme, elles ne se quittent plus ! (sourire)

Nous passons beaucoup de temps ensemble elles et moi, nous avons un lien très fort mère-filles.

Mon mari a un travail très prenant, souvent loin de la maison, donc l’un de nous deux doit forcément être présent pour les filles. J’ai donc choisi d’être là pour ma famille tout en pouvant m’épanouir professionnellement 

 

 

  • En quoi devenir maman a changé ta vision de la famille ? Et ton expérience entrepreneuriale ? 

La maternité a tout changé. Avant de devenir maman, j’avais plein d’autres projets qui ont perdu toute leur importance par la suite. Ce qui m’importait le plus, c’était de pouvoir me consacrer à ce nouveau rôle. 

Ma vision de la famille a pris tout son sens lorsque je suis devenue maman : créer sa propre famille, c’est complètement différent de ce que l’on a pu construire auparavant. 

C’est d’ailleurs ce qui m’a poussé à faire une reconversion professionnelle. Je souhaitais un job qui m’épanouisse tout en gardant du temps pour mes filles. Je privilégie ma vie de famille même si j’ai besoin de ce nouveau challenge professionnel. C’est important pour être bien avec mes enfants et c’est tout aussi important pour eux de voir leur maman épanouie. 

En devenant maman, j’ai surtout pris conscience que je devais faire des choix et de quelles étaient mes priorités.

 

 

  • Tes enfants peuvent-ils être une source d’inspiration ?

Les enfants, c’est magique et naturel. Ils ne trichent pas, sauf au jeu ! (rires). 

Ils sont “bruts” : contents, pas contents, on le sait tout de suite. Ils ne font pas semblants. Ils ne savent pas cacher leurs émotions, ils sont sincères, transparents, on peut lire en eux. Ils sont plein de vie. Ils ont aussi cette si belle naïveté…

Plein de choses que nous, nous perdons en grandissant. Adulte, on ne peut plus tout se permettre et on perd en spontanéité. 

Leur insouciance est très inspirante.

 

 

  • Quel serait ton secret pour réussir à concilier vie pro et vie perso, notamment lorsqu’on est maman ? 

Je n’ai pas de secret, je ne suis pas quelqu’un de très organisée ! (rires). 

Il faudrait que je le sois un peu plus ! Ce que j’essaye de faire, c’est m’obliger à prendre du temps de qualité rien qu’avec mes enfants, en ne pensant plus au travail. Même si avec les réseaux, ce n’est pas toujours évident comme tout est étroitement lié avec mon métier. 

Faire la part des choses et savoir couper pour être 100% avec sa famille, je pense que c’est très important pour maintenir un équilibre.

 

 

  • Que peut-on te souhaiter de plus fou ? 

Une réussite dans la photographie ! 

J’ai eu beaucoup de mal à me lancer car quand tu sors du milieu professionnel pour te consacrer à tes enfants, ce n’est pas toujours facile de réussir à y retourner. C’est un long travail pour reprendre confiance, se sentir légitime et savoir tu peux faire autre chose qu’être maman.

Le must, je rêverai d’avoir une parution dans le Milk Magazine ! Mais pourquoi pas après tout…

 

petite fille avec robe blanche

© Julie Gache

Retrouvez Julie sur son compte instagram

 

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femme robe noire et garçon dans les bras

Cela fait quelque temps que je suis Mathilde alias RockmyCasbah sur les réseaux sociaux.

Son oeil photographique pointu – entre photos de voyage inspirantes, contenu food et les boucles de son petit kiwi – partage au quotidien humeurs et inspirations.

Mathilde fait partie de ces personnes dont j’admire l’audace et la force de caractère. Douce et créative, elle a accepté de me rencontrer online pour un interview. 

En toute simplicité, nous avons échangé sans langue de bois autour de son parcours entrepreneurial ponctué d’obstacles, de sa façon d’aborder le digital, comment concilier vie de maman et ambition professionnelle mais aussi sur ses passions et ses rêves. 

Retour sur une rencontre digitale inspirante et inspirée en temps de confinement.

maman et enfant câlin

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

C’est l’exercice le plus difficile ! J’ai 34 ans, j’habite à Toulouse depuis mes 18 ans et je suis maman d’un petit garçon de 2 ans. 

Je travaille dans l’univers du digital : je suis community manager mais je m’occupe aussi de la création de contenu pour mes clients. C’est-à-dire que je suis en charge de l’animation des réseaux sociaux mais j’ai également une vraie démarche créative. 

La plupart de mes clients travaillent dans la gastronomie. C’est arrivé un peu par hasard mais ça tombe très bien puisque j’adore manger ! (Rires)

J’ai toujours aimé cuisiner, l’univers food m’inspire beaucoup.

 

  • La question du moment : qu’est-ce le confinement t’aura apporté de positif ? 

Passer plus de temps avec mon fils et mon compagnon. 

Au quotidien, il travaille beaucoup et il est souvent en déplacement : ce confinement nous a permis de nous retrouver tous les trois, pour de vrai. 

Depuis cette période, je trouve aussi mon fils plus épanoui qu’avant. C’est un enfant par nature très joyeux et serein, plutôt facile à vivre. Je le sens encore plus “cool” et apaisé avec ce lâcher-prise des contraintes. Il mange également beaucoup mieux, malgré ses troubles de l’oralité. 

Cela m’a permis de comprendre que ses troubles n’étaient pas seulement liés à des problèmes de reflux mais aussi à un problème affectif. Je pense qu’il a  besoin de ses parents plus qu’on ne l’imaginait, même si nous essayons d’être présents au maximum.

Donc que du positif d’un point de vue affectif.

 

  • Tu es community manager freelance, peux-tu nous parler de ton parcours entrepreneurial en quelques mots ? 

Il a débuté en 2016. J’ai été salariée durant des années dans le secteur de l’immobilier jusqu’au jour où je suis arrivée à saturation et demandé une rupture conventionnelle. 

Durant ma période de chômage, j’ai créé un blog car j’aimais écrire et j’avais besoin d’un cadre pour éviter de me disperser. Parallèlement, je continuais à chercher un job dans mon domaine. J’ai passé près d’un an à prospecter avec très peu de réponses et d’entretiens en retour. Du coup, j’ai fini par me dire que c’était peut-être un signe ! 

J’ai alors réalisé un bilan compétences qui m’a orienté vers les métiers de la communication. Au début, cela m’a paru invraisemblable : pour moi, la communication signifiait événementiel, se mettre en avant… Cette partie ne me plaisait pas du tout. J’ai découvert ensuite que la communication était une sphère bien plus large. 

Comme j’aimais beaucoup l’écriture, j’ai commencé des micro stages en entreprise pour de la rédaction web. Ces expériences se sont avérées très concluantes et m’ont beaucoup plu. De fil en aiguille, j’ai été approchée par une personne dans le domaine de la décoration pour produire des contenus écrits : j’ai donc créé mon statut d’auto entrepreneur.

Le vrai hic dont on ne parle pas forcément dans ce genre de métiers, c’est le salariat déguisé. J’ai travaillé non stop durant presque 4 ans en tant que freelance sans bénéficier ni des avantages du salariat, ni des avantages du freelance, puisque j’étais en entreprise. 

Un vrai parcours du combattant, d’autant plus que la dernière boîte avec qui je travaillais devait me salarier mais s’est finalement séparée de moi du jour au lendemain pour des raisons économiques. 

J’ai eu du mal à digérer cette nouvelle car je me suis retrouvée brusquement sans travail, sans aucun avantage du salariat, pas droit au chômage ni à la CAF. 

Ceci dit, lorsqu’on se retrouve dans une telle situation avec un enfant à charge et une nounou à payer, on trouve des solutions certainement beaucoup plus vite que lorsque l’on est “aidé”. 

J’ai donc mobilisé toutes mes connaissances et mes ressources, notamment via mon compte instagram où j’avais une petite communauté. Suite à mon post, il y a eu beaucoup d’entraides et de partages. Même si l’effet n’a pas spécialement été immédiat, je n’ai jamais eu de démarchage à faire, les choses se sont construites suite à cet élan. Tout ne s’est évidemment pas concrétisé mais j’ai compris que j’avais activé un levier intéressant. 

 

  • D’où vient le nom de ton blog “Rockmycasbah” ? 

C’est un jeu de mots avec une chanson qui s’appelle “Rock the Casbah”, d’un groupe anglais des années 80. J’avais envie d’un blog à mon image qui traite plusieurs thématiques, comme un pot pourri de ce qui m’intéressait. 

C’est aussi un petit clin d’oeil à la musique rock et à mes parents, mon père a fait beaucoup de rock et ma mère est d’origine kabyle.

 

  • Quelle relation entretiens-tu avec le digital et les réseaux sociaux, qui sont tes outils de travail au quotidien ? 

Une relation amour / haine. A titre professionnel, j’en ai besoin et avec les comptes de mes clients, la relation est tout autre puisque purement professionnelle. 

J’arrive à avoir plus de détachement car c’est une utilisation stratégique. 

Evidemment, c’est quand même compliqué lorsque l’on obtient pas les résultats désirés, même si c’est indépendant de ma volonté et souvent lié au budget des entreprises. 

Cela génère forcément un peu de frustration, mais moins qu’à titre personnel, Sur mon compte perso c’est un peu les montagnes russes selon les posts mais globalement je le vis plutôt bien. Le problème, c’est que je suis complètement accro, surtout en ce moment où je suis moins à l’extérieur. Difficile de déconnecter. (Rires)

 

  • En quoi ton rôle de maman a-t’il fait évolué ta façon de vivre et de travailler ? 

Ma façon de travailler a particulièrement changée lorsque je me suis retrouvée seule chez moi à mon compte. A partir de ses 1 ans, mon fils a commencé à avoir des soucis de santé récurrents. Je n’aurai jamais pu être en entreprise et gérer tous les rendez-vous médicaux, les nuits sans sommeil… Au final, ce fut donc une bonne chose que mon opportunité de salariat ne se concrétise pas. Savoir que j’étais à mon compte avec une certaine flexibilité m’a beaucoup rassurée et enlevé une grosse pression. 

Pour moi être maman et entrepreneur, c’est complètement compatible et c’est même une vraie chance.

 

  • Quelle est ta vision de l’esprit de famille ? 

J’aime beaucoup ma famille à moi, celle que j’ai créé et choisie. Elle me plait beaucoup, notamment parce que j’ai un vrai soutien de mon conjoint qui est très impliqué. 

Nous avons vraiment une répartition équitable des tâches, même si j’ai une charge mentale que lui n’a peut-être pas concernant la gestion des repas, les courses… du fait qu’il est souvent en déplacement. Par contre, il va se rattraper sur d’autres aspects pratiques comme faire la vaisselle, préparer le biberon, se lever la nuit… 

Cette famille que j’ai construit, je la trouve géniale parce que c’est fluide, apaisé et fun à la fois. Nous avons aussi la chance d’avoir des grands-parents impliqués.

 

  • Le voyage occupe une part importante de tes inspirations et de tes hobbies. Comment l’envisages-tu aujourd’hui avec un enfant ?

Jusqu’à présent, nous avons voyagé avec notre fils uniquement en “terrain connu”, c’est-à-dire dans des lieux où nous avons l’habitude de passer nos vacances. 

Mon fils n’a jamais pris l’avion, notamment à cause de problèmes de tympans et nous n’avons pas encore testé de destinations inconnues avec lui. 

Pour l’instant, nous avons décidé de ne pas prendre de risques en partant dans des endroits connus et cela nous apaise beaucoup. Par contre dans le futur, je n’envisage pas de voyager sans lui. On s’est dit qu’on attendrait ses 3 ans pour des destinations plus lointaines qui comprend des visites et des activités culturelles car en dessous de 3 ans, un enfant ne peut pas faire grand chose. Mais il fera effectivement partie du trio qui voyage ! (sourire)

 

  • Quel est « ton secret » pour créer un équilibre entre vie de femme, maman et entrepreneuse ?

Je pense qu’il faut être très bien entourée, c’est la clé. Comme je disais précédemment, j’ai le soutien des grands-parents qui nous permet de prendre du temps que ce soit pour moi en tant que femme ou nous en tant que couple. De temps en temps, nous pouvons nous accorder sans stress un resto ou une nuit sans enfants. C’est une grande chance que tout le monde n’a pas. 

Je peux aussi compter sur eux lorsque j’ai des déplacements professionnels et que je dois partir très tôt. L’autre secret indispensable, c’est le soutien sans faille de mon conjoint dans tout ce que j’entreprends.

 

  • Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter de plus fou ? 

C’est marrant, je n’ai pas vraiment de rêves fous ni d’ambition dingue si ce n’est continuer d’être heureuse comme je le suis aujourd’hui. 

Dans les années à venir, nous avons envie de déménager dans un endroit qui nous plait beaucoup. Mais la situation actuelle repousse ce rêve un peu plus loin. Avec cette crise, je vois que rien n’est acquis : j’ai perdu un client, il va falloir recommencer à tisser de nouvelles relations, réenclencher la machine, un vrai travail de fourmi. 

Donc aujourd’hui mon souhait le plus cher, c’est de préserver ce que j’ai construit et de finir par réaliser mon rêve : aller vivre là où nous avons envie pour continuer notre histoire un peu plus près de la nature.

femme et enfant allongés sur le ventre

© Madame Léon Photographie

Retrouvez Mathilde sur son blog et sur son compte instagram

 

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On pourrait définir Nathalie avec ces deux mots : passionnée et bienveillante. Experte dans les domaines de la petite enfance et de la famille, il nous a paru évident qu’elle soit invitée lors de nos premiers Rendez-vous Complices pour parler complicité en famille et sommeil de bébé. Nous avons eu envie de prolonger cette collaboration en réalisant son portrait sur le webzine de Petit Favorite. L’expérience de la grossesse, carrière et maternité ou encore les liens familiaux, Nathalie aborde nos questions à la fois avec son expérience personnelle de maman mais aussi en tant que professionnelle de la santé aguerrie. Un interview enrichissant et déculpabilisant à partager sans modération entre femmes.

maman et petites filles
  • Peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Je m’appelle Nathalie et je suis maman de deux filles de bientôt 5 et 7 ans. 

Suite à la naissance de ma première fille, j’ai vécu un véritable tsunami et je me suis beaucoup remise en question. La vie de maman n’était pas exactement comme je l’avais imaginée : j’ai découvert qu’il y avait beaucoup d’attentes de la part de la société et que les mamans se mettaient énormément de pression. J’ai donc eu envie de me reconvertir professionnellement : depuis 4 ans et demi, je suis thérapeute pour enfants, bébés et parents. J’anime aussi des ateliers bien-être axés sur les émotions pour les enfants mais aussi parent-enfant et j’organise également des formations pour les parents. 

  • Comment as-tu vécu l’expérience de la grossesse ? 

C’était à la fois incroyable et remuant émotionnellement. J’ai adoré être enceinte, créer un lien avec mon bébé, lui parler, caresser mon ventre… et en même temps, je me posais beaucoup de questions sur comment serait la suite. De plus, j’ai eu plusieurs problèmes de santé durant ma grossesse qui ont provoqué pas mal de stress. Mais aussi incroyable que cela puisse paraître, je ne me rappelle que des choses positives et je suis parfois nostalgique de cette période. 

  • Quel impact a eu la maternité sur ta carrière ? 

Un gros impact. Dès que j’ai annoncé que j’étais enceinte et que je souhaitais baisser mon taux de travail à la reprise, on m’a enlevé toutes les responsabilités que j’avais. Mon travail a perdu tout son sens. De plus, la maternité m’a orientée vers ce nouveau domaine de ma vie qui me passionne. J’ai découvert que malheureusement en tant que parent, nous n’avions pas le mode d’emploi et que nous nous sentions souvent démunis. C’est pourquoi j’ai souhaité aider les autres parents à vivre cette période si intense de la manière la plus douce et sereine possible. 

  • En tant que professionnelle de la santé, qu’est-ce qui te plaît dans ton domaine de prédilection, la parentalité ? 

J’adore transmettre l’aide dont j’aurais tellement eu besoin lorsque mes enfants sont arrivés. Je peux totalement m’identifier et comprendre les personnes qui viennent me voir car j’ai vécu la plupart des situations qu’ils vivent. Pouvoir les accompagner dans le chemin de la parentalité tout en les déculpabilisant me remplit de gratitude.

  • Comment abordes-tu la notion de complicité lors d’une thérapie familiale ? 

Il est rare que des parents viennent me voir pour des problèmes de complicité. Par contre, je rappelle fréquemment aux mamans qu’il est nécessaire de prendre soin de soi pour être la maman que l’on souhaite être. S’oublier ne va pas aider nos enfants : lorsqu’on oublie de prendre du temps pour soi, on devient aussi moins patiente ou plus vite découragée … La complicité pour moi, c’est passer de petits moments de qualité avec ses enfants où on est là 100% pour eux, sans smartphone ou autre chose en tête. La qualité prévaut clairement sur la quantité. Prendre moins de temps avec ses enfants mais de qualité permet de dégager des moments pour soi et tout le monde est gagnant. 

  • Comment vis-tu la complicité au sein de ta famille ? 

Je la vis au quotidien avec mes enfants par de petits instants où je choisis de mettre le temps sur pause pour être pleinement présente pour eux. Mais cela s’est fait petit à petit. J’ai dû apprendre à ne plus me focaliser sur l’horloge et à lâcher-prise sur les tâches du quotidien. Avant, j’avais beaucoup de peine à consacrer pleinement du temps à mes enfants quand je voyais tout ce que j’avais à faire à côté. On essaie aussi de se séparer parfois le week-end pour que chacune des filles puisse vivre un moment privilégié avec l’un de ses parents.

  • 3 conseils pour booster la complicité avec ses proches ?

1. Tous les soirs, avoir un moment privilégié avec chacun de ses enfants : chez nous, je leur demande en les mettant au lit ce qu’elles ont préféré dans leur journée et ce qu’elles ont moins aimé, ce qui permet d’engager une discussion.

2. Se mettre de temps en temps à leur niveau en retournant en enfance. Par exemple, mettre le musique et danser de façon endiablée, démarrer une bataille de chatouilles, jouer à faire le monstre et leur faire peur…

3. Prendre du temps pour se ressourcer seule pour que le temps passé avec ses enfants soit un plaisir et non une charge. 

  • Quel type de maman penses-tu être ? 

Une maman imparfaite et continuellement en cheminement. Mes enfants me font quotidiennement grandir et me remettent énormément en question. Ils sont le moteur de mon propre développement et avec mes filles, j’apprends de mieux en mieux à me connaître. J’apprends autour de mes limites, mes faiblesses mais également sur mes compétences et l’amour incroyable que l’on peut avoir pour ces petits êtres. 

  • Tu es ce qu’on appelle une mumpreneur. Pour toi, que t’évoque ce mot ? 

Une mumpreneur, c’est une maman qui choisit d’être à son compte et il y en a de plus en plus en Suisse. Pour moi, être mumpreneur me permet de concilier de la manière la plus adéquate possible vie de famille et vie professionnelle. J’adapte mes horaires aux horaires de mes enfants et je suis flexible par rapport aux imprévus. C’est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour vivre une vie qui concilie tout ce qui est important à mon équilibre. 

  • Que peut-on te souhaiter de plus fou ? 

De devenir une référence dans mon domaine tout en réussissant à garder toujours autant de temps pour mes enfants. 

femme contre un rocher

Retrouvez Nathalie et le détail de son activité sur son site web nathalieclement.ch et sur sa page facebook @ncseveillerenfamille

Interview réalisé par Julie Parenthoux

 

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pique nique maman et filles

Magali fait partie de ces femmes simples au dynamisme communicatif. Tout en sensibilité et avec une légère pudeur délicate qui lui est propre, elle s’ouvre à nous avec beaucoup de sincérité pour aborder sa nouvelle vie d’entrepreneur graphiste indépendante.

Maman très présente, elle parle aussi de l’effet de ce choix sur sa vie de famille et de l’importance de son conjoint dans l’aventure Groseille. Un interview riche et inspirant pour entrer au coeur de l’univers de Groseille. 

visage femme et dessin femme

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Je m’appelle Magali, j’ai 40 ans, je vis et travaille à Genève. Je suis graphiste illustratrice indépendante depuis 15 mois. Avant de me lancer, j’ai travaillé en tant que graphiste en entreprise durant 15 ans. Suite à différents changements dans mon lieu de travail et grâce à Monsieur Groseille qui m’a donné l’impulsion, je me suis lancée dans cette aventure entrepreneuriale qu’est Groseille ! Pour le moment, j’ai plus de mandats d’illustration que de graphisme mais c’est important pour moi de développer ces deux activités ensemble car je les aime autant l’une que l’autre. En tout cas, c’est mon projet à plus ou moins long terme.

  • Quelle place occupe ton compagnon dans tout ça ?

Il possède une très grande place. Nous sommes ensemble depuis 7 ans et lui, il adore mon univers. Avant même de démarrer en tant qu’indépendante, il a toujours pensé que je pourrais vivre de ce que je fais. À l’époque, je travaillais à temps partiel pour pouvoir m’occuper de mes enfants, je possédais la sécurité de l’emploi, une certaine indépendance financière et cela me convenait très bien. Quand mes conditions de travail ont évolué dans un sens qui ne me convenait pas, mon premier réflexe a donc été : je vais chercher un autre job dans la communication. 

C’est là que mon compagnon m’a dit que c’était peut-être le moment de me lancer, qu’on avait la possibilité de tenter le coup et qu’après tout, on verrait si ça marche. Nous en avons beaucoup discuté. S’il ne m’avait pas poussé et montré les bénéfices que cela pourrait apporter à notre vie de famille, je n’aurai jamais pensé à le faire. Être indépendante n’a jamais été un rêve ou une ambition pour moi, c’est grâce à lui que j’ai sauté le pas. Au quotidien, il me soutient énormément, il croit en ce que je fais, souvent plus que moi ! (Rires). Il s’implique beaucoup, je suis très libre mais j’aime lui demander son avis. Comme j’ai des mandats assez variables, il s’occupe aussi beaucoup des filles et reste très disponible selon mon rythme. Sans lui, ça serait impossible. 

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre dans cette dynamique de freelance, mais je réalise aujourd’hui à quel point cela peut être dur d’être dans des conditions optimales pour créer. Et dans tout ça, Mr Groseille a une très place très importante, il est l’équilibre de tout.

  • Comment se transforme l’expérience de la maternité quand on est indépendante ?

Ce qui est génial, c’est que je peux organiser mon temps comme je le veux. Mon compagnon m’a bien montré les avantages de cette situation et les plus que cela pouvait apporter à notre famille. Notre rythme de vie a beaucoup évolué, avant on courait beaucoup, à présent plus rien ne m’oblige à faire pareil. Je suis de l’équipe du matin comme on dit : on se réveille cool, on va à pied à l’école, on a le temps. Si mes filles veulent s’arrêter regarder des papillons ou faire coucou à des voitures, on s’arrête. C’est quelque chose que je ne faisais pas du tout avant car j’avais un timing à respecter.

Le soir, je vais les chercher, je passe plus de temps avec elles. Bien sûr, j’ai toujours consacré du temps à mes enfants en choisissant de travailler à temps partiel, mais aujourd’hui notre relation est différente, nous avons gagné en qualité. Dans un rythme quotidien d’école, c’est une chance de pouvoir rester cool et ne pas stresser les enfants, d’autant plus qu’elles sont encore petites. C’est un luxe, j’ai beaucoup de chance de pouvoir leur offrir ça. De plus, Mr Groseille est ravi de savoir que les petites ne sont pas chez une nounou et qu’il y a moins de stress autour des horaires. Tout le monde y trouve son compte. Je pense que c’était pour moi le bon moment de me lancer dans cette aventure. 

  • Quelle relation entretiens-tu avec tes filles ? 

Nous sommes très « filles » à la maison ! (Rires). Ce qui est drôle, c’est qu’elles m’imitent. Quand on rentre à la maison, elles me disent qu’elles ont beaucoup de travail, elles s’installent à leur bureau, elles dessinent et elles me disent qu’elles font Groseille ! (Rires). C’est très mignon ! Elles s’appliquent beaucoup et elles sont très concentrées lorsqu’elles dessinent. Elles sont aussi très sensibles et câlines, du coup nous sommes très proches. Mais elles sont tout aussi proches de leur papa, nous sommes assez « pots de colle » tous ensemble.

  • Tu as deux petites filles, quelle est ta vision de la mode et ta façon de la consommer ?

J’adore la mode. Les femmes et le corps féminin sont une grande source d’inspiration pour moi. Personnellement, je n’ai jamais suivi la mode, j’ai toujours porté ce qui me plaisait sans regarder les tendances. Je suis assez hermétique à ça. Pour les filles, il faut avouer que les enfants grandissent très vite. J’ai la chance d’en avoir deux, du coup la deuxième profite  des vêtements de la première, mais pour l’instant nous sommes plutôt dans une dynamique mode bon marché et pratique. C’est accessible et puis si elles abiment les pièces ou grandissent d’un coup, ce n’est pas si grave. Sinon dans les petits créateurs, j’aime beaucoup l’Asticot, une marque genevoise qui utilise pas mal d’imprimés. J’aime les répétitions de motifs, c’est très visuel pour moi. A part ça, je connais très peu l’univers de la mode enfant, j’essaye seulement d’être à la cool et de leur faire plaisir. La mode n’est pas vraiment un grand sujet dans notre famille ! (Rires)

  • Quel point commun pourrais-tu trouver entre l’entreprenariat et ton rôle de maman ? 

La faculté d’adaptation. Tu crois avoir une bonne compréhension des choses et d’un seul coup, tout change et il faut recommencer. Autant dans mon rôle de maman que dans l’entreprenariat, c’est la même chose, cela évolue sans cesse. Au quotidien, cela a un effet boostant mais ça peut vite devenir une pression. Du coup, j’essaye de rester assez souple avec les enfants. Dans l’entreprenariat, c’est bien d’être professionnel mais il est important d’avoir également du recul et de relativiser. Au bout de 15 mois, ma petite expérience me fait dire que ça ne sert à rien de se prendre trop la tête et de perdre toute son énergie. 

  • Pourquoi le nom Groseille ? 

Depuis très longtemps, j’adore utiliser des mots pour définir autre chose, je ne sais pas exactement pourquoi. Depuis des années, j’appelle mes copines « groseille » car je trouve ça chou, ça sonne bien. Après mon congé maternité en 2016, j’ai réalisé un site internet pour montrer mes dessins sur conseil de mes proches. A l’époque, je n’avais aucune ambition de vente, mais il me fallait un nom. Je ne voulais pas un mot trop littéral, je voulais un nom qui reflète plutôt mon univers : Groseille s’est imposé à moi. Dès qu’on me connait un peu, on reconnait ma touche et pour les autres, c’est intrigant. En une nuit, j’ai dessiné le logo et finalisé le site. Groseille était né. Les projets corporate côtoient les dessins plus sexy, mais au final tout se marie bien. Et puis j’appelle toujours mes copines groseille, donc finalement c’est bien moi. 

  • Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter de plus fou ? 

Ce n’est pas fou mais que Groseille suive son cours, de continuer à équilibrer mon activité entre graphisme et illustration. Ce qui serait vraiment fou, ce serait d’arriver à être complètement indépendante financièrement de Mr Groseille. Il n’y a pas de pression mais pour moi, ce serait une réelle fierté. Que ça marche pour de vrai, que cela devienne un « vrai travail ». Mais c’est sur la bonne voie !

portrait femme

Retrouvez Magali et son univers à travers son compte instagram @groseille et sur son site groseille.ch

Interview réalisé par Julie Parenthoux

 

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femme debout en combishort rouge

Instagram apporte son lot de surprises et de belles rencontres. Celle avec Yasmine en fait partie.

Pétillante et énergique au timbre rauque, Yasmine incarne l’archétype parfait de la femme d’aujourd’hui : positive et déconcertante, tout en simplicité.

A la tête du compte Instagram et du blog @bonjourlasmala, cette jeune maman partage avec nous son expérience en tant que freelance mais aussi l’importance de la famille dans son équilibre et son rapport à la mode. Un portrait inspirant à souhait.

maman et deux petits garçons

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Yasmine et je suis maman de 2 enfants, 3 ans et 14 mois. Je travaille dans la communication digitale, je suis community manager freelance depuis 1 an et demi et je fais également beaucoup de photo. Je gère les réseaux sociaux de différents clients, travaille sur mon blog Bonjour la smala et crée aussi du contenu photo pour divers projets personnels.

  • Qu’est-ce qui t’a poussé à devenir freelance ? Quel cheminement as-tu suivi ?

C’est le fait de déménager et d’avoir des enfants. Avant j’étais visual merchandiser dans la mode et j’avais des horaires compliqués, je voyageais… Ça devenait difficile à gérer avec des enfants. En parallèle de ce job, j’ai fait une formation professionnelle d’un an dans la communication digitale. C’est ce déclencheur qui m’a poussé à créer un blog il y a 5-6 ans déjà et finalement, à franchir le pas de l’indépendance.

C’est d’ailleurs mon compte Instagram qui m’a servi de vitrine pour trouver des clients. Et puis, c’est un tout : j’ai un conjoint qui voyage beaucoup, il a fallu faire des concessions pour notre bien-être à tous (sourire). La vie de famille m’a incité à revoir mes priorités et à aménager mon activité en fonction.

  • Quelle place possède la famille et l’esprit de famille dans ta vie ?

Une grande place ! C’est très important pour moi : j’ai des enfants qui sont encore petits, nous vivons dans une nouvelle maison, on se sent bien comme ça… J’essaye donc de trouver un bon équilibre entre mon travail et ma vie de famille. 

Je ne suis pas le style de femme à ne rester qu’avec ses enfants, j’ai besoin des deux en cohésion pour me sentir épanouie.

  • Quelle maman penses-tu être avec tes enfants ?

Une maman imparfaite, une maman qui doute et qui fait de son mieux pour que ses enfants se sentent bien. Je ne sais pas si je suis une bonne maman, selon moi je le suis car je les aime, tout simplement. J’essaye de leur donner tout l’amour qui est en moi à travers les câlins, les mots rassurants… Je fais en sorte de les aider à grandir dans un environnement sain. Parfois je suis en colère ou je crie… Ce sont des choses qui arrivent mais je fais de mon mieux. C’est ce qui compte, non ? (sourire).

  • Comment vis-tu l’influence digitale dont tu bénéficies ? Quel est ton rapport avec les réseaux sociaux ?

Je le vis plutôt bien. Après, il y a des « ajustements » à faire car plus ton compte grandit, plus tu dois faire attention à ce que tu racontes car un très grand nombre de personnes voit ton contenu. Pour l’instant, je n’ai pas de contraintes ou de problèmes liés à ça, je choisis librement le contenu que je partage. J’utilise les réseaux et le digital au jour le jour, comme je suis réellement. Je m’éclate et du coup, c’est moi qui domine le « truc » et non l’inverse. Je suis bien dans mes baskets grâce à ça : aujourd’hui, je propose un contenu qui me correspond totalement. Et simplement.

  • Qu’est-ce que t’évoque la complicité ?

Le mot complicité m’évoque de l’amour, l’entraide. C’est important d’être complice que ce soit en famille, entre amis ou sur les réseaux. Quand tu es complice, tu peux parler plus facilement de sujets délicats avec les autres. La complicité, c’est aussi la solidarité féminine, entre autres. C’est un très beau mot en fait ! 

  • Tu travailles beaucoup autour de la femme et de son corps, quel est ton rapport à la mode ? 

J’ai travaillé pendant très longtemps dans la mode et j’ai toujours adoré la mode comme une femme, c’est-à-dire que j’aime me sentir belle et me faire plaisir. 

Il y a une époque où j’étais très dépensière, j’aimais acheter beaucoup, j’étais une grande consommatrice. Mais plus je grandis, plus je retourne vers des valeurs essentielles. Je ne suis pas minimaliste pour autant. J’aime me faire plaisir mais je vais avoir d’autres réflexes comme trier mes vêtements, les vendre, m’acheter de belles pièces qui me procurent réellement du plaisir, qui vont me durer et dans lesquelles je me sens bien. J’essaye de privilégier la mode éthique, c’est une mode avec de belles valeurs. On sait où les pièces ont été fabriquées, on a un regard différent sur le travail qui a été fait, on met en avant le fait main, l’artisanat… Bien sûr je suis parfois obligée d’attendre un ou deux mois avant de pouvoir m’offrir ce genre de pièces mais ça vaut la peine. Plus j’avance dans cette démarche, plus je « dépense mieux » : je l’applique aussi à d’autres domaines comme la décoration, où j’attends parfois plusieurs mois avant de m’offrir un bel objet.

Je paie parfois plus cher mais pour de la véritable qualité et au final, ce sont ces vêtements que je porte le plus. Je n’ai pas de problème à porter le même jean durant toute une semaine quand la qualité est au rendez-vous. J’ai ce rapport avec la mode où je continue de me faire plaisir, ponctuellement, mais d’une « meilleure » manière.

  • Pour tes enfants, consommes-tu de la même façon ?

C’est vrai que la tentation est plus grande pour les enfants ! (Rires). Mais du coup pour eux c’est pareil, j’achète moins. Du fait que je sois « influenceuse », je reçois parfois des produits afin de parler d’une marque donc forcément, je les utilise à bon escient ! Mais je n’accepte que ce dont j’ai besoin et qui me plaît. Je recycle aussi beaucoup, le petit frère met les habits du grand qu’il avait petit… Même cycle que pour moi : je trie, je revends, je donne… Je fonctionne de la même manière pour eux que moi, si j’ai un coup de cœur je vais acheter ! Mais par la suite, je sais que je pourrais revendre ou donner cette belle pièce. Ça grandit vite il faut dire ! (Rires).

  • Comment passe-t’on le cap de la maternité avec un job prenant ou un job passion ?

Le job, moi je l’ai eu après. J’ai des enfants qui ont des âges rapprochés, dont j’ai un peu tout fait d’un coup ! (Rires). Une fois que le petit a eu quelques mois, je me suis remise à travailler. Le rythme est intense car tu as « deux journées » : la première où tu travailles pour toi car ils sont à la crèche et la deuxième dès tu les récupères. C’est intense et pas toujours facile à gérer. Mais comme je fais ce que j’aime et que j’ai plein d’idées à mettre en place, je m’adapte à ce rythme. Je fais aussi du sport pour maintenir mon mental au top. Bien sûr, parfois je suis fatiguée mais c’est un rythme que j’ai choisi. Le jour où ce sera vraiment trop, je prendrai des mesures pour calmer le jeu. Mais pour le moment, ça me plaît !

  • De quoi nourris-tu ton univers visuel ?

J’aime tout ce qui touche à la création artistique, à l’artisanat, aux créateurs et artistes en général. J’adore l’illustration, cela fait partie du top 5 de mes passions, c’est aussi très lié à mon ancien blog. Cela m’inspire beaucoup. La céramique, la décoration, des paysages, une destination, un détail dans une architecture… Beaucoup de choses m’inspirent et me nourrissent. Je ne peux pas toutes les lister car je suis très curieuse, le moindre petit truc peut m’attirer l’œil et me donner une idée. Je suis assez bon public ! (Rires).

  • Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter de plus fou ?

Waouh… Un truc fou, ça pourrait être de se rapprocher un peu des grands, d’avoir un livre qui me serait dédié que je pourrais écrire et illustrer en même temps. Je ne sais pas si c’est possible mais ça serait dingue ! Après tout, tout ce que je fais aujourd’hui est déjà fou ! J’ai notamment réussi à créer des formations… Ce n’est pas prétentieux mais je suis juste contente d’avoir réussi à réaliser tout cela, de rencontrer chaque jour un peu plus de monde grâce à ce job. 

L’humain, c’est ce qui me nourrit l’esprit et me fait du bien. Plus fou on disait ? Rien d’autre si ce n’est avancer dans des projets qui me font du bien. Pourquoi pas le concrétiser encore plus dans une collaboration de collection avec une marque de mode, pour créer un motif par exemple… Actuellement, je viens de collaborer avec une marque de déco qui fait de la céramique. On a fait une petite collection de 3 produits dans ma patte, c’est déjà complètement fou. Avec une marque plus grande, cela pourrait être chouette aussi ! 

enfants qui jouent au sol

Suivez Yasmine et son univers à travers son compte instagram @bonjourlasmala et sur son site www.bonjourlasmala.com

Interview réalisé par Julie Parenthoux

 

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maman de dos qui porte son bébé

Chez Chloé, nous avons tout de suite aimé sa fraîcheur et sa simplicité qui nous mettent rapidement à l’aise. Cette rencontre est la première que nous faisons grâce à Instagram, où nous avons découvert son compte @klolau qui nous a tout de suite séduit avec son esthétique épurée et son goût pour la décoration. 

Véritable créative aux multiples talents, Chloé a été directrice artistique dans le domaine de la communication avant de se recentrer sur son rôle de maman. Aujourd’hui, Chloé se questionne sur ses envies, son futur professionnel, ses ambitions et de quelle manière elle aimerait aborder ce nouveau tournant. 

Notre échange fut véritablement bouillonnant d’idées, de discussions autour d’Instagram et d’anecdotes de maman. Nous sommes donc ravis de vous présenter aujourd’hui l’univers de cette maman dynamique et surprenante à la créativité débordante. 

maman et enfant dans un musée

  • Quelques mots sur toi ?

Je suis maman d’une petite Salomé, 15 mois, et je suis arrivée en Suisse il y a presque 10 ans après des études de graphisme à Paris. J’ai travaillé dans des agences de communication en tant que directrice artistique jusqu’à ce que mon nouveau job de maman ne s’avère plus très compatible avec cette carrière. Aujourd’hui, je suis à un tournant professionnel où je cherche ce que je veux vraiment faire. C’est un peu ma crise de la quarantaine à 30 ans ! (Rires). J’ai beaucoup de passions et de hobbies mais je n’ai pas encore trouvé le projet concret à mener ! Pour le moment, je suis donc chargée de communication pour une entreprise afin de pouvoir lui consacrer plus de temps. 

  • Comment t’es venue l’envie de créer un compte Instagram et de développer une communauté ?

Au début, c’était beaucoup de curiosité. On me parlait de plus en plus de ce réseau que je ne connaissais pas vraiment mais qui avait l’air de me correspondre. J’ai donc voulu le tester et j’ai fini par me prendre au jeu en créant mon compte il y a environ 3 ans. Je suis très visuelle, je fonctionne surtout avec la photo d’où mon envie de développer un feed esthétique et cohérent. Je voulais comprendre aussi toute la mécanique qui se cachait derrière : comment acquérir de nouveaux abonnés, les interactions créées par tel ou tel type de contenu, expérimenter selon les horaires de post… Cette phase test a naturellement évolué en un vrai univers digital. Phildar m’a ensuite contacté pour me proposer un partenariat en Suisse : ils m’envoyaient des laines et moi, je proposais des réalisations avec. Je devais poster une fois par mois une photo avec leurs produits mais j’étais assez libre par rapport au contenu. Ce fut une collaboration assez évidente puisque avant même de travailler avec eux, je les mentionnais de manière récurrente. Suite à cela, j’ai l’impression que ma communauté a réellement commencé à grandir. Elle s’est surtout développée très localement en Suisse. Evidemment, elle s’est composée de beaucoup de mamans : Instagram est un excellent outil pour rencontrer d’autres mamans. J’ai moi-même fait de très belles rencontres grâce à ça. Le fait d’avoir un enfant aussi, ça rassemble du monde ! (Rires). 

Aujourd’hui, le partenariat avec Phildar s’est naturellement arrêté suite à ma grossesse car j’ai eu beaucoup moins de temps pour tricoter. En ce moment, Salomé est à un âge où elle a besoin de beaucoup d’attention et c’est donc tout naturellement que je consacre moins de temps à mon compte Instagram. Et puis, je n’ai pas un seul projet que je veux mettre en place mais 1000 ! (rires). J’ai déjà commencé avec les mini looks (ndlr : photographies de looks enfant sur son compte Instagram), ça prend du temps mais ça me plaît vraiment : j’adore la mode et j’ai une petite fille en plus ! J’aimerais aussi partager beaucoup plus autour des jeux pour enfants, la lecture jeunesse, la décoration… plein de choses que j’espère pouvoir développer en 2019 ! 

  • Quel est ton rapport avec Instagram ?

Il est… particulier ! (Rires). Comme je l’expliquais précédemment, au départ c’était une expérience qui m’a énormément plu. Ensuite, j’ai eu une phase où je voulais devenir “influenceuse”. J’avais l’impression que c’était la belle vie pour ces femmes, ces mamans : ne plus avoir d’obligations, d’horaires à respecter… (Rires). Mais d’un autre côté, j’ai très vite compris que cela était un job à 1000% et que nous rentrions vraiment dans la vie privée de certaines. Pour ma part, ce n’était pas quelque chose dont j’avais envie. La facette d’Instagram dans laquelle je me reconnais le plus aujourd’hui, c’est toutes ces rencontres que je fais grâce à ce réseau et tous ces échanges, même virtuels. Il y a beaucoup de partage entre femmes, mamans ou non, c’est quelque chose que je trouve vraiment super. Instagram, c’est aussi un côté « Tout est beau, tout est rose » qui peut paraitre superficiel. Pour ma part, je ne le dirais pas comme ça : c’est plutôt une direction, une inspiration que l’on choisit de donner ou non à son feed. A vrai dire, je m’exprime uniquement en images et peu avec les mots, je partage avec ma communauté des choses qui me plaisent ou des coups de coeur. Instagram peut être un outil d’expression ou de revendication pour certains, pour moi c’est avant tout un partage d’inspiration. 

  • Tu travailles, tu es instagrameuse, tu as des projets freelance et tu es maman : comment on gère tout ça ?

Je suis à la base quelqu’un de très organisé mais depuis que je ne suis plus toute seule, ça fonctionne moins bien ! (Rires). J’essaye de profiter au maximum de Salomé, de la garder avec moi dès que je peux. Du coup, je pratique mes hobbies plutôt le soir ou pendant ses siestes, comme le tricot par exemple. Prochainement, je vais aussi tenter de me réserver une demi-journée pour moi et me consacrer à mon futur projet, enfin quand je saurais la direction que je prends ! (Rires)

  • J’ai vu sur ton site web klolau.ch que tu faisais de la décoration d’intérieur, peux- tu nous en dire plus ?

J’adore la déco et j’ai commencé ce projet quelque temps avant de tomber enceinte. J’ai un oeil très particulier : j’arrive parfaitement à me projeter dans une pièce et à visualiser l’aménagement d’un espace. Comme je n’ai pas de diplôme dans le domaine, j’ai imaginé un entre-deux : j’offrais la possibilité aux clients de créer des listes d’achat pour réaménager leur intérieur. Je commençais par créer des planches tendances selon la pièce à réorganiser, je positionnais sur plan, je composais avec ce qu’ils souhaitaient garder et je préparais un inventaire complet des futurs achats à effectuer pour compléter le tout. Dès le départ, cela a plutôt bien fonctionné mais suite à ma grossesse, je n’ai pas relancé mon activité et je ne sais pas si je vais le faire, même si mon entourage m’y encourage. J’ai aussi beaucoup d’autres idées… Le problème avec moi, c’est que ça part dans tous les sens ! (Rires) 

  • Qu’est-ce qui te plaît le plus et qui te fait le plus peur dans cette vie carrière multi-facettes riche en projets ?

Ce qui me plaît le plus, c’est cette diversité et cette passion qui composent l’essence de toutes mes idées. Ce qui me fait le plus peur c’est d’en avoir autant ! (Rires). Et surtout de ne pas arriver à aboutir chaque projet. Je veux toujours trop en faire ! 

  • Devenir maman, qu’est-ce que ça change dans son rapport à la mode ?

J’achète pour ma fille et j’ai arrêté d’acheter pour moi ! (Rires). Je n’ai pas pris beaucoup de poids durant ma grossesse, j’ai allaité plusieurs mois et j’ai très vite perdu. Mais j’ai vécu une année compliquée qui a provoqué sur mon corps un effet inattendu : j’ai beaucoup maigri. Je suis passée par une phase où je ne m’acceptais pas du tout, plus rien ne m’allait. Aujourd’hui, je suis en train d’apprivoiser ce nouveau corps, de reprendre soin de moi et de renouveler ma garde-robe pour qu’elle me corresponde. En terme de mode, je n’ai pas le sentiment d’avoir changé en devenant maman, j’essaye toujours de me sentir féminine, je suis peut-être un peu moins à la mode qu’avant ! (Rires). J’ai surtout changé ma façon de consommer, j’achète moins mais j’investis plutôt dans des pièces basiques qui durent. 

D’ailleurs, j’ai une anecdote assez drôle : le matin, j’habille ma fille en premier puis je me rends compte ensuite qu’on est habillées toutes les deux dans les mêmes teintes ou avec le même imprimé ! Quand je croise des amies, on me fait souvent la réflexion ! (Rires). Je crois qu’en réalité, je projette inconsciemment sur elle ce que moi j’aurais envie de porter. Au final, on se retrouve souvent coordonnées involontairement, c’est assez drôle ! Du coup quand je pense au concept Petit Favorite, être coordonnées est une chose que je pourrais facilement imaginer, je trouve ça mignon en plus ! 

  • Comment décrirais-tu le lien de ta fille avec la mode? Qu’est-ce que tu lui transmets ?

Je sais pas si elle a déjà une sensibilité… En tout cas, je prie pour qu’elle ne devienne pas trop girly ! (Rires). Mais comme beaucoup de mamans, je pense que je ne pourrais pas vraiment échapper à la robe « Reine des Neiges » ou au tee-shirt « Hello Kitty » ! Pour l’instant, elle est encore petite, du coup c’est moi qui ai la main sur son look. En tout cas, quand je lui dis « Oh, tu es belle ! », elle sourit et elle regarde ses vêtements. 

  • Pourrais-tu te lancer dans l’entrepreneuriat avec une carrière freelance ?

Oui j’aimerais beaucoup car je crois qu’aujourd’hui mon profil ne correspond plus vraiment au milieu du salariat et je n’en ai plus très envie non plus. A mon avis, le freelance est ce vers quoi je me dirige, mais j’ai peur ! (Rires). Je ne sais pas si je franchirai vraiment le pas ni quand, mais je pense que cela me conviendrait bien, effectivement. 

  • Quelles sont les 3 valeurs que tu souhaiterais inculquer à ta fille ?

La bienveillance, le respect et un brin d’égoïsme. C’est une valeur que l’on ne m’a pas du tout inculquée mais le fait de penser à soi avec un bon dosage, c’est indispensable. 

  • Quelles sont tes projets ou tes objectifs pour 2019 ?

Le plus important, c’est de pouvoir passer un maximum de temps avec ma fille. Ensuite, j’aimerai enfin développer TOUTES mes idées ! (Rires). Bon en réalité, pas toutes mais au moins mener à bien quelques-unes ! 

femme qui sourit

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Interview réalisé par Julie Parenthoux 

 

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