Cela fait plusieurs années que je suis Christel et ses aventures autour de Mum-to-be Party.

Nous avions pris contact plusieurs fois sans trouver le temps d’échanger plus longuement. Le destin a bien fait les choses : c’est juste avant son déménagement dans le bassin lémanique que nous nous sommes rencontrées.

Entrepreneur aguerrie et engagée dans la cause des femmes, son aventure Mum-to-be Party a démarré il y a dix ans dans son quartier d’adoption, Montmartre. Il y a en Christel ce goût unique pour l’autre et cette forte envie de fédérer qui lui a permis de faire de Mum-to-be Party une plateforme de référence pour futures et jeunes mamans. 

Infatigable et d’une tenacité sans failles, elle a mené seule sa petite barque, navigant entre succès, fiertés et déconvenues constructives. En toute simplicité, nous avons échangé autour de son expérience entrepreneuriale, la naissance de Mum-to-be Party, l’évolution du domaine de la petite enfance mais aussi sa vision et sa façon de consommer la mode.

Un partage inspirant sans tabou à l’image de son énergie positive et solaire qui nous fait du bien.

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©Candice Hénin

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Je suis Christel, d’origine franco suisse, je suis née dans la région du bassin lémanique. Cette région m’est très chère puisque j’en garde plein de bons souvenirs de mon enfance où je pratiquais beaucoup d’activités différentes. L’univers du spectacle et du show a rythmé ma jeunesse : j’ai pratiqué le piano, le théâtre, la danse ou encore le chant, très libérateur pour moi. Je suis également la fondatrice de Mum-to-be Party et maman de deux enfants. 

 

  • Parle-nous un peu de ton parcours et de tes débuts dans l’entreprenariat ? 

Par ma créativité et mon sens du contact, j’ai débuté très naturellement une carrière dans le marketing chez Nestlé. Cela a été une excellente école pour mon métier :  j’y suis restée pendant 6 ans où je me suis éclatée et noué des relations fortes. 

J’ai toujours eu une fibre entrepreneuriale mais j’aimais mon confort de salariée et je n’avais jamais réellement envisagé de créer ma propre boîte. Mon conjoint a ensuite eu une opportunité à New York : cela tombait à pic puisque je me posais beaucoup de questions et j’avais envie de changer d’air. Je l’ai donc suivie avec quelques mois devant moi pour réfléchir. C’est à ce moment-là que je me suis intéressée au social media et au RP digital. Dans le cadre de mes cours du soir, j’ai créé mon blog : j’ai réalisé que ce support me correspondait vraiment sans m’imaginer la suite. Pour moi, il était clair que j’allais rentrer en France et réintégrer une entreprise comme Nestlé.

Le retour à Paris a été brutal et plein de déception : je suis passée de l’euphorie de New York où tout est possible à la France où pour tout doit être cadré et écrit sur ton CV. J’ai continué à écrire sur mon blog qui a été mon échappatoire. Les blogs ont commencé à émerger : j’ai été contacté par des marques pour parler de lancement de produits mais rien ne débouchait sur un job dans le domaine de la beauté, ma passion. 

J’ai fini par me lancer dans l’aventure de la création d’entreprise. Comme on ne m’ouvrait pas de portes, je me suis créé mon job sur-mesure ! J’ai rapidement trouvé un premier partenaire, une agence événementielle que j’ai aidé à se développer en Suisse, et petit à petit les choses se sont enchaînées. 

 

  • Peux-tu nous raconter comment est venue l’idée du concept Mum-to-be Party ?

En plein lancement dans mon activité indépendante, je tombe enceinte. 

Je remarque que peu de blogs et de magazines parlent de maternité, ou alors ce n’étaient pas des médias attractifs pour une jeune future maman. 

Cela me paraissait assez fou : nous les français, champions de la natalité, nous n’avons aucun accompagnement réel pour la femme autour de la maternité ! J’ai commencé à aborder le sujet sur mon blog mais j’ai eu envie d’aller plus loin. J’avais d’autres copines enceintes autour de moi et je me suis dit : pourquoi ne pas mettre à profit ma communauté et étendre mon concept de rencontres aux futures mamans ? 

C’est comme ça qu’est né Mum-to-be Party. Tout est venu des constats que j’ai fait et de manques que j’ai ressenti à titre personnel. La première édition de Mum-to-be Party a donc eu lieu en novembre 2010 dans mon appartement à Montmartre avec des copines enceintes, des blogueuses et des lectrices du blog. J’ai trouvé des partenaires comme Emoi Emoi, Nestlé ou encore un praticien en haptonomie, ce qui était très précurseur en 2010 !

En donnant naissance, je me rends compte du chantier à venir ! (rires). J’ai réalisé qu’il fallait que j’étende mon concept aux jeunes mamans. Quelques mois après, j’ai donc lancé le After Mum-to-be Party, concept de rencontre pour jeunes mamans. J’ai ensuite développé de plus en plus de contacts dans le milieu de la beauté et du bien-être qui ont commencé à me suivre dans cette aventure. 

Mum-to-be Party, c’est donc à la base des rencontres et des événements autour de la maternité. Le site est venu se greffer par la suite et aborder le sujet plus spécifiquement. 

Je suis quelqu’un très observateur et j’ai cette capacité à sentir les tendances : cela m’a permis de créer le concept au bon moment. Être chef d’entreprise d’une petite structure permet aussi plus de tests et de réactivité. Bien sûr, il y a eu des échecs mais au final j’ai réussi à construire quelque chose de chouette !

 

  • Quel conseil aurais-tu aimé recevoir en te lançant dans l’entrepreneuriat ? 

Mon constat aujourd’hui est que peu de femmes font appel à de l’aide pour se lancer. J’aurais beaucoup aimé avoir le courage d’aller voir un incubateur ou de solliciter du mentoring. 

Au final, j’ai tout fait toute seule de A à Z avec comme objectif premier d’avoir un business rentable et qualitatif. Je n’ai pas cherché à avoir une vision de type multinationale ou à m’associer avec quelqu’un qui m’aurait insuffler ce rythme. Avec le recul, j’ose et je me sens beaucoup plus légitime. Mon conseil ? C’est de croire en soi, d’envisager que notre projet puisse être quelque chose de grand et de trouver un berceau pour le développer. Aujourd’hui, le système d’accompagnement de start up s’est beaucoup développé et il faut en profiter. Il faut oser : il n’y a pas de mauvais projet, il ne peut être que très bénéfique de tester son idée avant de se lancer corps et âme dedans. 

 

  • Par ton travail, tu es amenée à collaborer avec de nombreuses marques dans le domaine de la petite enfance. Aujourd’hui, qu’est-ce qui te plaît encore dans ce domaine et qu’est-ce qui à ton sens a changé ? 

Le changement majeur, c’est de proposer des produits avec de vrais missions, c’est-à-dire qu’ils doivent être non seulement fonctionnels mais aussi beaux et engagés avec une vraie personnalité. Que ce soit des produits ou des services, chaque projet est aujourd’hui personnifié. Il faut pouvoir identifier un produit à sa créatrice et celle-ci se doit de faire partie intégrante de la communication. Un créateur, c’est un peu Shiva au final ! (rires). Les marques communiquent également beaucoup plus et au-delà du produit proposé, il y a également une relation forte qui doit se créer avec les consommateurs. On sublime les objets et c’est tellement plus attractif qu’avant, notamment grâce au social media qui demande de travailler son image à fond. Un autre grand changement dans ce sens, c’est l’influence digital. Avant, il fallait séduire les journalistes, à présent il faut séduire les influenceuses. J’observe aussi que l’on implique davantage les pères dans la maternité par des produits développés spécialement pour eux.

Enfin, je vois une sorte “d’écrémage naturel” qui se fait au sein du domaine. Notre mode de consommation évolue, on se tourne vers la seconde main ou l’upcycling. On a fatalement besoin de moins de produits, ou ceci durent plus longtemps. Nous tendons vers une consommation raisonnée alors qu’il y a de plus en plus de marques. Les entreprises qui résisteront sont celles qui sauront se remettre en question ou repenser leur offre.

 

  • Quelle est la relation de consommatrice avec la mode pour bébés/enfants et quel avenir lui prédis-tu ? 

Je ne suis pas une très grande consommatrice de mode enfant car je vais privilégier des pièces de qualité qui durent et qui ont du style. Je consomme plutôt dans un mode circulaire : c’est-à-dire que je donne et je récupère des vêtements autour de moi. 

Aujourd’hui, j’ai des enfants plus grands qui savent ce qu’ils veulent et ça c’est génial. Ce sont eux qui ramènent la mode à la maison ! (rires). Bien sûr, l’aspect fashion ramène indéniablement au fast fashion, surtout pour des pré ados… C’est pour ça que c’est intéressant de se tourner vers des marques proposant des intemporels qui puissent durer et se transmettre d’un enfant à un autre. 

C’est aussi génial d’avoir de belles pièces qui marquent une occasion et se gardent. Ces pièces très particulières sont symboliques et se conservent comme on garde un bijou. Il y a un savoir-faire et un artisanat unique autour de la mode qu’il est important de valoriser, que ce soit en France ou en Europe.

Bien sûr, les finances entrent en ligne de compte mais ce n’est pas toujours une question d’argent : on peut se procurer des pièces de choix à bon rapport qualité prix sans pour autant que ce soit au détriment des travailleurs, de la planète et de notre santé. C’est d’ailleurs un des challenges de la mode enfant. 

Pour ma part, j’investis sans hésiter dans la lingerie écologique pour mes enfants car ce sont des produits au contact direct de la peau. De plus en plus de nouvelles marques se lancent avec des valeurs éco responsables, indispensables aujourd’hui. Je soutiens à fond cette démarche. 

 

  • Quelle est ta définition de l’esprit de famille ? 

Ce n’est pas simple comme question ! (rires). L’esprit de famille, ce pourrait être penser tous ensemble et agir communément. Mais finalement, il n’y a pas un seul esprit de famille car une famille est composée d’individualités et chaque personnalité doit se coordonner pour arriver à l’unisson. On ne doit pas conformer les autres à son esprit de famille : le challenge c’est d’arriver à former une entité dynamique tout en se respectant mutuellement et sans influencer les différentes personnalités qui la composent. Une famille doit accepter ses différences.

 

  • Quel est ton secret pour concilier vie de femme, de maman et d’entrepreneure ? 

Je n’ai pas de secrets, je dirais que ça dépend de plein de paramètres, notamment la configuration de la famille. 

Le plus important, c’est d’arriver à lâcher prise avec la culpabilité : on ne sera jamais des mères parfaites. Forcément, on va toutes à un moment donné se poser plein de questions, en tant que femme on ressent aussi beaucoup de charge mentale et il y aura toujours quelqu’un pour nous critiquer. Mais nous rendre malade ne rendra pas la tâche plus facile. Moi je mets des “oeillères” parce que je n’ai pas envie de cette toxicité dans mon quotidien.

 

  • Un mot pour définir ta famille ?

Pleine de vie ! Chez nous, nous sommes tous des personnalités assez fortes et du coup ça jazz ! (rires)

 

  • Qu’est-ce que cette crise sanitaire du Covid aura apporté de plus à ton business ? 

Cela nous a apporté beaucoup plus d’audience et de visibilité même si au final, cela n’a fait que confirmer que nous étions au rendez-vous pour conseiller les mamans plus que jamais. A travers des lives, des conseils et de belles rencontres avec professionnels et créateurs, nous avons mis en avant du lien et donc, rempli notre mission. 

 

  • Comment vois-tu Mum-to-be Party dans 10 ans ? 

Honnêtement, je n’en sais rien ! (rires.) Si on m’avait dit à mes débuts que Mum-to-be Party serait toujours là dans 10 ans ! 

J’ai 40 ans et je ne sais pas si dans 10 ans, je serai toujours à la tête de ce projet mais en tout cas, j’ai constamment la motivation et les idées.

Ce qui est sûr, c’est que Mum-to-be Party répond à un réel besoin et que ce concept sera toujours utile dans les années à venir. Je ne peux pas dire avec certitude où je vais le porter et comment, je suis mon intuition et les échanges que j’ai avec mamans et experts. Seuls eux pourront m’inspirer la suite. Je ne fais pas de réelles projections, je sens les choses mais je ne peux pas me projeter sur 10 ans. J’aurais bien aimé pourtant ! (Rires)

 

  • Que peut-on te souhaiter de plus fou ? 

L’immortalité ! J’aime beaucoup trop la vie, il y a tellement de belles choses à vivre et à faire que ça m’ennuie profondément de savoir que je vais mourir un jour ! (Rires).

 

maman et fille dans les bras bisou

©Libia Arteaga Photography

Interview par Julie Parenthoux

Retrouvez Christel sur le compte instagram et le site Mum-to-be Party

Les événements à venir de Mum-to-be Party :

  • 4ème édition de Aux Petits Soins pendant la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel, qui sera une rencontre physique et digitale 100% allaitement #auxpetitssoinsbymtbp
  • Tournée Hatoppyday qui reprend en novembre à Lille et Nantes #hatoppyday

Tous les events sont annoncés sur la page Events du site Mum-to-be Party.

 

femme et bébé

rencontre mamans bébés

© Candice Hénin

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