Les Mamans Inspirantes #6 : Nathalie, thérapeute spécialiste de la famille et maman de deux petites filles

On pourrait définir Nathalie avec ces deux mots : passionnée et bienveillante. Experte dans les domaines de la petite enfance et de la famille, il nous a paru évident qu’elle soit invitée lors de nos premiers Rendez-vous Complices pour parler complicité en famille et sommeil de bébé. Nous avons eu envie de prolonger cette collaboration en réalisant son portrait sur le webzine de Petit Favorite. L’expérience de la grossesse, carrière et maternité ou encore les liens familiaux, Nathalie aborde nos questions à la fois avec son expérience personnelle de maman mais aussi en tant que professionnelle de la santé aguerrie. Un interview enrichissant et déculpabilisant à partager sans modération entre femmes.

Maman et ses deux filles
  • Peux-tu te présenter en quelques mots ? 

Je m’appelle Nathalie et je suis maman de deux filles de bientôt 5 et 7 ans. 

Suite à la naissance de ma première fille, j’ai vécu un véritable tsunami et je me suis beaucoup remise en question. La vie de maman n’était pas exactement comme je l’avais imaginée : j’ai découvert qu’il y avait beaucoup d’attentes de la part de la société et que les mamans se mettaient énormément de pression. J’ai donc eu envie de me reconvertir professionnellement : depuis 4 ans et demi, je suis thérapeute pour enfants, bébés et parents. J’anime aussi des ateliers bien-être axés sur les émotions pour les enfants mais aussi parent-enfant et j’organise également des formations pour les parents. 

  • Comment as-tu vécu l’expérience de la grossesse ? 

C’était à la fois incroyable et remuant émotionnellement. J’ai adoré être enceinte, créer un lien avec mon bébé, lui parler, caresser mon ventre… et en même temps, je me posais beaucoup de questions sur comment serait la suite. De plus, j’ai eu plusieurs problèmes de santé durant ma grossesse qui ont provoqué pas mal de stress. Mais aussi incroyable que cela puisse paraître, je ne me rappelle que des choses positives et je suis parfois nostalgique de cette période. 

  • Quel impact a eu la maternité sur ta carrière ? 

Un gros impact. Dès que j’ai annoncé que j’étais enceinte et que je souhaitais baisser mon taux de travail à la reprise, on m’a enlevé toutes les responsabilités que j’avais. Mon travail a perdu tout son sens. De plus, la maternité m’a orientée vers ce nouveau domaine de ma vie qui me passionne. J’ai découvert que malheureusement en tant que parent, nous n’avions pas le mode d’emploi et que nous nous sentions souvent démunis. C’est pourquoi j’ai souhaité aider les autres parents à vivre cette période si intense de la manière la plus douce et sereine possible. 

  • En tant que professionnelle de la santé, qu’est-ce qui te plaît dans ton domaine de prédilection, la parentalité ? 

J’adore transmettre l’aide dont j’aurais tellement eu besoin lorsque mes enfants sont arrivés. Je peux totalement m’identifier et comprendre les personnes qui viennent me voir car j’ai vécu la plupart des situations qu’ils vivent. Pouvoir les accompagner dans le chemin de la parentalité tout en les déculpabilisant me remplit de gratitude.

  • Comment abordes-tu la notion de complicité lors d’une thérapie familiale ? 

Il est rare que des parents viennent me voir pour des problèmes de complicité. Par contre, je rappelle fréquemment aux mamans qu’il est nécessaire de prendre soin de soi pour être la maman que l’on souhaite être. S’oublier ne va pas aider nos enfants : lorsqu’on oublie de prendre du temps pour soi, on devient aussi moins patiente ou plus vite découragée … La complicité pour moi, c’est passer de petits moments de qualité avec ses enfants où on est là 100% pour eux, sans smartphone ou autre chose en tête. La qualité prévaut clairement sur la quantité. Prendre moins de temps avec ses enfants mais de qualité permet de dégager des moments pour soi et tout le monde est gagnant. 

  • Comment vis-tu la complicité au sein de ta famille ? 

Je la vis au quotidien avec mes enfants par de petits instants où je choisis de mettre le temps sur pause pour être pleinement présente pour eux. Mais cela s’est fait petit à petit. J’ai dû apprendre à ne plus me focaliser sur l’horloge et à lâcher-prise sur les tâches du quotidien. Avant, j’avais beaucoup de peine à consacrer pleinement du temps à mes enfants quand je voyais tout ce que j’avais à faire à côté. On essaie aussi de se séparer parfois le week-end pour que chacune des filles puisse vivre un moment privilégié avec l’un de ses parents.

  • 3 conseils pour booster la complicité avec ses proches ?

1. Tous les soirs, avoir un moment privilégié avec chacun de ses enfants : chez nous, je leur demande en les mettant au lit ce qu’elles ont préféré dans leur journée et ce qu’elles ont moins aimé, ce qui permet d’engager une discussion.

2. Se mettre de temps en temps à leur niveau en retournant en enfance. Par exemple, mettre le musique et danser de façon endiablée, démarrer une bataille de chatouilles, jouer à faire le monstre et leur faire peur…

3. Prendre du temps pour se ressourcer seule pour que le temps passé avec ses enfants soit un plaisir et non une charge. 

  • Quel type de maman penses-tu être ? 

Une maman imparfaite et continuellement en cheminement. Mes enfants me font quotidiennement grandir et me remettent énormément en question. Ils sont le moteur de mon propre développement et avec mes filles, j’apprends de mieux en mieux à me connaître. J’apprends autour de mes limites, mes faiblesses mais également sur mes compétences et l’amour incroyable que l’on peut avoir pour ces petits êtres. 

  • Tu es ce qu’on appelle une mumpreneur. Pour toi, que t’évoque ce mot ? 

Une mumpreneur, c’est une maman qui choisit d’être à son compte et il y en a de plus en plus en Suisse. Pour moi, être mumpreneur me permet de concilier de la manière la plus adéquate possible vie de famille et vie professionnelle. J’adapte mes horaires aux horaires de mes enfants et je suis flexible par rapport aux imprévus. C’est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour vivre une vie qui concilie tout ce qui est important à mon équilibre. 

  • Que peut-on te souhaiter de plus fou ? 

De devenir une référence dans mon domaine tout en réussissant à garder toujours autant de temps pour mes enfants. 

Portrait de Nathalie Clément, thérapeute pour enfants et famille

Retrouvez Nathalie et le détail de son activité sur son site web nathalieclement.ch et sur sa page facebook @ncseveillerenfamille

Interview réalisé par Julie Parenthoux